Fausse alerte à City 2: le suspect a reconnu avoir inventé son enlèvement

Une alerte à la bombe a eu lieu ce mardi devant le complexe commercial City 2 dans le centre de Bruxelles. Les services de secours et le Service d'Enlèvement et de Destruction d'Engins Explosifs (SEDEE) sont descendus sur place.

Un suspect a été appréhendé. Après analyse, il s'est avéré que la ceinture d'explosif que l'homme prétendait porter était factice, a indiqué le parquet de Bruxelles. Cette ceinture contenait du sel et des biscuits. Dans un premier temps, le suspect a affirmé avoir été enlevé dans une voiture, et déposé rue Neuve à Bruxelles.

Cette voiture, une Golf blanche, a été retrouvée à Schaerbeek. La police a appréhendé le propriétaire du véhicule.

Le suspect arrêté près de City 2, né en 1990, a appelé la police vers 5h30 en déclarant que la ceinture d'explosifs qu'il portait devait être actionnée à distance par une tierce personne. Une visite domiciliaire a été effectuée chez la mère du suspect. Les enquêteurs y ont trouvé les restes du matériel qui a servi à la fabrication de la ceinture factice. Le suspect est passé aux aveux et a reconnu avoir inventé son enlèvement.

Quant au véhicule Golf qu'il a désigné comme ayant servi à son enlèvement, le suspect a reconnu avoir noté une plaque d'immatriculation en rue.  Et le conducteur du véhicule a été relâché.

Expertise psychiatrique

Le parquet a saisi un juge d’instruction du chef de fausse information concernant le danger d’un attentat. Le parquet requiert une mise sous mandat d’arrêt et une expertise psychiatrique. Le juge d’instruction dispose d’un délai de 24h pour prendre sa décision.

L'homme est connu de la Justice, notamment pour divers faits, y compris certains liés à des problèmes d'ordre psychiatrique. Récemment, il avait pris contact avec la police pour signaler qu'il avait été incité à rejoindre l’État islamique en Syrie. Une enquête a été ouverte à ce sujet mais ces déclarations n'ont pu être confirmées ou infirmées à ce stade.

Récemment, l'homme avait pris contact avec la police pour signaler qu'il avait été incité à rejoindre l’État islamique en Syrie. Une enquête a été ouverte à ce sujet mais ces déclarations n'ont pu être confirmées ou infirmées à ce stade.

Le journal Le Soir a diffusé sur Twitter une photo de la supposée ceinture explosive.

Les démineurs sur place n'ont trouvé aucun engin explosif sur les lieux. Le Service d'Enlèvement et de Destruction d'Engins Explosifs (SEDEE) a quitté les lieux vers 10h30. Le périmètre de sécurité a été levé dans la foulée et les effectifs policiers ont été considérablement réduits.

Tous les accès à la station de métro Rogier, dont la plupart avaient été temporairement fermés suite à l'alerte à la bombe, sont à nouveau ouverts au public sauf un, a indiqué une porte-parole de la STIB peu après 11h30. Il s'agit de l'accès via la place Charles Rogier, qui avait déjà été fermé durant le week-end "en raison du contexte sécuritaire".

En surface, la circulation des bus avait été interrompue pendant une heure à l'arrêt Rogier. Mais celui-ci est à nouveau desservi normalement, a précisé la porte-parole de la STIB.

La rue Neuve est devenue à nouveau accessible aux piétons. Les premiers magasins ont ouvert leurs volets.

Réunion au centre de crise

Une réunion technique au centre de crise a lieu ce mardi matin et s'est achevée peu avant 9h00.

"Pour l'instant, la situation est sous contrôle", a indiqué le Premier ministre Charles Michel en quittant le centre de crise où avait lieu cette réunion du conseil national de sécurité après cette alerte à la bombe dans le complexe commercial.

"Les services de sécurité restent extrêmement vigilants", a-t-il précisé.

Le Premier ministre s'est refusé à tout autre commentaire, renvoyant au Parquet de Bruxelles pour des informations plus détaillées.

Interrogé par la RTBF, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) a déclaré : "Nous sommes dans un contexte de menace terroriste. Nous sommes toujours en niveau 3. Ce niveau est maintenu et c'est clair que lorsque ce genre d'incidents se produit. Avec un homme qui dit être muni d'une ceinture explosive, nous devons prendre cela au sérieux. Ça ne doit pas être de la psychose, mais ce qui s'est passé ce matin, devait être pris au sérieux".

Geens: "On peut supposer qu'il avait des liens avec l’État Islamique"

Le suspect arrêté après l'alerte à la bombe à City 2 était connu des services de renseignement, a indiqué ce mardi le ministre de la Justice, Koen Geens. "On peut supposer qu'il avait des liens avec l’État Islamique", a-t-il ajouté, interrogé dans les couloirs de la Chambre.

Le ministre n'a pas voulu faire d'autre commentaire, renvoyant au parquet pour d'autres informations. A l'instar du Premier ministre Charles Michel, il a assuré que la situation était sous contrôle. "La menace n'est plus du tout imminente", a précisé Koen Geens.

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