Brigitte Grouwels: "J'aimerais que Uber vienne me parler"

Brigitte Grouwels
Brigitte Grouwels - © BELGA PHOTO OLIVIER VIN

La ministre bruxelloise des Transports Brigitte Grouwels (CD&V) a invité, mercredi soir sur le plateau de Terzake (VRT), le service de taxi alternatif Uber à venir la rencontrer. Elle a toutefois averti que les personnes qui offriraient ce service seraient mises à l'amende si elles étaient attrapées. La ministre avait vivement condamné mercredi la réaction de la commissaire européenne Neelie Kroes qui s'était dite scandalisée par la décision de la justice belge ordonnant à la société Uber de cesser ses activités de covoiturage. La commissaire s'en était également prise à Brigitte Grouwels taxée de "ministre de l'anti-mobilité".

Une astreinte de 10 000 euros est prévue pour chaque contravention, selon une décision récente du tribunal de commerce de Bruxelles.

Interrogée mercredi soir, la ministre a assuré que la décision de justice serait respectée. Elle a toutefois ajouté souhaiter avoir un entretien avec les responsables d'Uber qu'elle n'a jusqu'ici jamais rencontré. "J'aimerais que Uber prenne contact avec moi et vienne me parler. Ils ont débarqué à Bruxelles comme des cowboys", selon elle.

La ministre CD&V n'a toutefois pas exclu une modification de la législation. "Je n'ai pas dit que la réglementation bruxelloise était la loi de la nature. La question est juste de savoir si Uber est prêt à se conformer aux règles minimales, pour la sécurité des clients".

"Anti-mobilité"

"Les règles sont faites pour être suivies. Si elle avait été ministre en Belgique, Kroes aurait probablement dû démissionner après de tels propos", avait déjà réagi Brigitte Grouwels sur la VRT-Radio.

La ministre bruxelloise a également défendu sa position. "Le système de Uber est intéressant, mais il existe des règles et il convient de les respecter. Le tribunal de Commerce a constaté qu'elles n'étaient pas respectées. Il est particulièrement fâcheux dans le chef d'un commissaire d'estimer que les règles ne doivent pas être respectées".

Veiller au respect des règles en matière de fiscalité et d'assurance n'est pas anodin, a encore fait valoir Brigitte Grouwels. "Aux Etats-Unis, on a connaissance d'un accident mortel avec un taxi Uber, et on fait état de nombreux problèmes d'assurances, la société ayant fui ses responsabilités", at-elle précisé. "Nous voulons organiser, à Bruxelles, un secteur des taxis de qualité offrant une sécurité garantie", a appuyé la ministre. Celle-ci cherche en revanche à ce qu'une application telle que proposée par Uber puisse être développée pour le secteur des taxis.

Selon la ministre CD&V, Neelie Kroes est l'incarnation du "libéralisme sauvage" en vertu duquel "le plus fort gagnera". Brigitte Grouwels dit partager un autre point de vue que celui de "la dérégulation incontrôlée qui peut mener au bain de sang social et à terme à une aggravation de l'offre".

Open VLD: "Le manque de libre marché est nocif"

Ce n'est visiblement pas l'avis de l'Open VLD. La députée bruxelloise Els Ampe a en effet appelé à ce que le nouveau règlement taxi autorisé des services tels que Uber.

"La législation doit être ouverte au progrès futur. Nous ne pouvons pas répéter l'échec de la 4G", a estimé Els Ampe dans un communiqué. "C'est comme si nous revenions quelques siècles en arrière, au temps des guildes et des corporations. Un temps où les différentes professions empêchaient aux nouveaux acteurs d'exercer leur métier librement. Un tel manque de libre marché est nocif pour le consommateur", a-t-elle ajouté.

Pour Els Ampe, "nous ne pouvons pas avoir peur du progrès. Les règles qui entravent l'amélioration de la qualité de vie doivent être abrogées".

Uber va contester

La société Uber a elle réagi en affirmant qu'elle allait contester la décision de Justice interdisant son service.

Uber précise qu'elle continuera à offrir le service 'UberPop' à Bruxelles. Ce service permet aux particuliers de s'inscrire via une application mobile pour conduire les citoyens bruxellois à moindre coût. Selon la porte-parole de l'entreprise, ce service compte à Bruxelles "des milliers d'usagers".

Uber affirme que les services de transport traditionnels et nouveaux peuvent parfaitement coexister. "Mieux, le nombre d'usagers des services de transport augmente dans ce cas. Cela a été prouvé dans d'autres villes où nous sommes actifs", poursuit la porte-parole.

L'entreprise souligne encore que les services qu'elle offre sont aussi bien dans l'intérêt du consommateur que de l'entrepreneur individuel.

Uber précise en outre être en discussions avec le gouvernement bruxellois dans le but de pouvoir offrir dans la capitale ses services sous licences - lesquels seront assurés par des chauffeurs professionnels. L'entreprise se dit confiante à ce propos et indique voir des ouvertures.

Le tribunal de commerce de Bruxelles a ordonné à la société américaine Uber de cesser ses activités de covoiturage entre particuliers, dans un jugement rendu la semaine dernière. Cette décision, assortie d'une astreinte de 10 000 euros par infraction constatée, est la conséquence d'une plainte introduite par la société Les Taxis Verts.


Avec Belga

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