Brexit: seule une entreprise belge sur cinq s'est préparée au Brexit

Le ministre des Finances, Alexander De Croo (Open VLD) a décidé de prendre les choses en mains. Ce matin, il a rencontré les représentants des entreprises belges pour les aider à se préparer à un Brexit dur. Une aide bien nécessaire selon le ministre : "Aujourd’hui, sur les 25.000 entreprises belges qui font du commerce avec le Royaume-Uni, seule une sur cinq s’est mise en ordre avec les douanes". Concrètement, le ministre entend donc simplifier le travail administratif de ces entreprises : "Avec les douanes, nous allons inverser les rôles : donner automatiquement un numéro de douane aux entreprises qui font du commerce avec le Royaume-Uni. La semaine prochaine, nous allons aussi appeler les 5000 plus grandes entreprises pour leur expliquer ce qu’il faut faire".

Pour faire face, le service des douanes se prépare aussi. Du personnel supplémentaire est en cours d’engagement, comme l'explique Kristian Vanderwaeren, l'administrateur général des douanes : "Au total, nous allons recruter 386 personnes dont 140 sont déjà engagées". Kristian Vanderwaeren ne cache pas son inquiétude : "Le hard Brexit est un tsunami pour les entreprises. Il y aura des formalités à remplir, des droits à payer. Les sociétés doivent se préparer. Pour que la chaîne logistique ne s’arrête pas aux frontières, il faut que les sociétés s’enregistrent auprès de la douane".

L'inquiétude du monde économique

Du côté des entreprises, le vote contre le plan de sortie de l'Union européenne de Theresa May ne lève pas toutes les incertitudes. L'administrateur de la FEB, Pieter Timmermans, espère encore que les choses changent : "Aujourd'hui, il y a encore plus de chaos. Personne ne sait où on va en Grande Bretagne. Ils doivent décider s’ils restent ou s’ils partent. Mais s'ils partent, les conséquences économiques seront graves. Nos entreprises ne sont plus habituées à une procédure douanière depuis 30 ans. J'espère que le bon sens va revenir".  Le patron des patrons détaille les risques que fait courir un Brexit dur : "Nous sommes très inquiets. Un hard Brexit, c’est le chaos. On parle de 2% de perte de croissance économique et de 40.000 emplois perdus. Donc nous devons nous préparer".

Même son de cloche du côté de l'Union des classes moyennes et de son président, Pierre-Frédéric Nyst : "On va se préparer au pire. Il va falloir informer au maximum pour que les PME aient toutes les armes en mains pour se retrouver dans ce dédale administratif. On craint que le Brexit ne complexifie les choses et les PME sont les moins bien armées pour faire face à ce nouveau défi". 

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