Boum 2 au Bois de la Cambre: brutalités policières ou interventions légitimes, que disent les images?

Boum 2 : brutalités policières ou interventions légitimes, les versions divergent, pour la police aucune faute à signaler
Boum 2 : brutalités policières ou interventions légitimes, les versions divergent, pour la police aucune faute à signaler - © Tous droits réservés

Certaines des images diffusées sur les réseaux sociaux peuvent choquer, on y voit des policiers interpeller parfois durement des personnes avec un chien ou leur lancer des jets de gaz lacrymogène sans raison apparente.

Faut-il évoquer d’emblée des bavures policières ?

Chacun aura son avis mais c’est à l’inspection générale de la police à se prononcer ou à la justice, si plainte est déposée.

Actuellement, peu de zones de police sont équipées de bodycams permettant de revoir la séquence totale de l’événement du point de vue policier: seules les séquences filmées de particuliers sont dès lors mises en ligne.

Enquête interne de la zone de police Bruxelles-Ixelles : aucune faute visible sur les images, selon la police

La diffusion de deux interventions policières sur les réseaux sociaux a entraîné l’ouverture d’une enquête interne au sein de la zone de police Bruxelles Ixelles.

Rapidement menée, elle a conclu à la légitimité des interventions, aucune faute n’ayant été relevée par les auteurs de l’enquête.

Soulignons qu’il s’agit d’une enquête interne de la zone de police concernée, celle-ci étant dès lors juge et partie dans les incidents évoqués. 

Du coté du porte-parole de la police, on indique "avoir pour ligne de conduite d’apporter tout le sérieux qui se doit à chacune des accusations proférées à l’encontre de notre corps de police" et ce afin de maintenir, souligne le porte-parole, "une relation de confiance avec la population".

Pas de séquences complètes en l'absence de caméras pour les policiers

Dans l’une des deux interventions circulant sur les réseaux sociaux et examinée par l’enquête interne de la zone de police Bruxelles-Ixelles, on peut observer Virginie Van Lierde, cofondatrice du collectif "Trace ton cercle" qui reçoit pleine face un jet de spray lacrymogène. Aucun geste agressif de la dame n’est visible.

Cette action se déroule vers 19 heures chaussée de Bruxelles, à un moment où la plupart des participants à la Boum2 ont quitté le périmètre du Bois de la Cambre.

Dans la relation de l’événement, la zone de police évoque "une dame qui se trouve à proximité" d’un incident mettant en cause d’autres protagonistes. L’un des policiers lui aurait alors donné l’injonction de ne pas s’approcher et même de s’éloigner, ce qui serait à l’origine de l’incident visible sur la vidéo diffusée.  "La particulière refusant de reculer et continuant à avancer vers le policier, qui lui a reculé afin d’assurer une distance de sécurité entre eux, il fera usage de gaz lacrymogène ".

Voilà en ce qui concerne la version policière.

Pour Virginie Van Lierde, cette version ne correspond pas à la réalité : "moi je n’ai pas entendu ce policier parler, à aucun moment.  Il courait vers moi et vers les personnes derrière moi que je ne connaissais pas, je me suis retourné vers lui et je lui ai dit "mais enfin je suis une mère" et j’ai été gazée alors que je n’étais en aucun cas agressive vis-à-vis de lui".

Virginie Van Lierde constitue un dossier pour déposer plainte.

Un jeune de 23 ans blessé par un policier à cheval : plusieurs fractures

Plusieurs témoins nous ont relaté les circonstances dans lesquelles un jeune homme de 23 ans souffre de plusieurs fractures aux côtes et une à la cage thoracique.

Le cheval dans l’action m’a donné trois à quatre coups de sabots

Il est aujourd’hui quasi incapable de parler en raison de la douleur occasionnée et nous a fait parvenir un témoignage écrit : "Au bord d’une route, nous étions 30 à 40 personnes qui dansaient autour de tambours avec de la musique. Nous avons vu à un moment des chevaux courir vers nous et j’ai essayé de me mettre à l’abri dans la forêt. Selon des témoins, un cheval a couru après moi sur un sol jonché de rondins, je suis tombé et le cheval dans l’action qui a suivi m’a donné trois à quatre coups de sabots. Je me suis brièvement évanoui. Beaucoup de gens étaient là pour m’aider jusqu’à l’arrivée de l’ambulance. J’ai été hospitalisé d’abord à Ste Elisabeth ensuite dans ma région à Eupen. J’ai deux côtes et mon sternum cassés".

Une version du blessé corroborée par plusieurs témoins. C’est un médecin présent à proximité qui a porté une première assistance en attendant l’ambulance qui arrivera plus d’une demi-heure après l’incident. 

 

 

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