Borsus veut interdire la vente de glyphosate et d'autres herbicides pour les particuliers

Le ministre de l'Agriculture, Willy Borsus (MR), proposera prochainement un arrêté visant à l'interdiction de mise sur le marché et donc d'usage des herbicides destinés aux particuliers, indique-t-il jeudi dans un communiqué. Le glyphosate, la substance active présente dans le Roundup de Monsanto et soupçonnée d'être cancérigène, sera aussi interdite, tandis que les bio-pesticides continueront à être autorisés.

Cette décision s'inscrit dans le cadre de la volonté du ministre de "réduire l'utilisation des pesticides, d'encourager l'emploi d'alternatives 'bio' et d'appliquer le principe de précaution".

"Vu la balance bénéfice-risque, rien ne justifie encore l'usage d'herbicide pour les particuliers. Dorénavant d'autres pratiques (brûleur thermique, utilisation de bio-pesticides, travail mécanique, ...) permettront aux particuliers de maîtriser l'apparition et la gestion des 'mauvaises herbes'", commente Willy Borsus.

Pour les utilisateurs professionnels, rien ne change pour l'instant. D'autres mesures seront prises à l'avenir - dans le cadre du plan d'action national de réduction des pesticides - concernant l'usage des professionnels, en concertation avec les Régions, les différents secteurs et les experts, ajoute-t-il.

Ecolo et Greenpeace s'en réjouissent

Ecolo s'est réjoui des déclarations de Willy Borsus, "qui indique enfin la direction de l'interdiction du Round Up et des pesticides contenant du glyphosate".

"C'est une fantastique nouvelle. Nous sommes très heureux de cette belle victoire pour la santé et l'environnement", indique Muriel De Pauw, la responsable agriculture au sein de Greenpeace.

"Greenpeace, ainsi que d'autres organisations et des citoyens, demandaient depuis longtemps une interdiction de vente du glyphosate. Après deux ans, le gouvernement fédéral a finalement pris ses responsabilités. C'est dommage que le secteur de la vente n'ait rien fait pour retirer lui-même ces produits des étalages", ajoute-t-elle.

Comeos, la fédération du commerce et des services, estime pour sa part que l'annonce du ministre met fin à "une situation kafkaïenne", en apportant de la clarté. "Nous respectons toujours la loi et ne vendons que ce qui peut l'être légalement. Nous constatons qu'il y a enfin plus de clarté, car avec l'enchevêtrement de mesures régionales, nos commerçants ne s'y retrouvaient plus", commente le CEO de Comeos, Dominique Michel.

L'interdiction ne concerne pour l'instant que les particuliers, tandis que rien ne change pour les utilisateurs professionnels. "C'est une première étape importante", souligne tout de même Muriel De Pauw, qui estime qu'il faudra à terme aussi interdire le glyphosate dans le secteur agricole.

Fremault et Di Antonio déplorent le temps perdu

Les ministres bruxellois et wallon de l'Environnement, Céline Fremault et Carlo Di Antonio (cdH) se sont dits jeudi soulagés de voir que les dimensions environnementales et de santé publique ont été finalement prises en compte par le ministre fédéral de l'Agriculture, Willy Borsus, lequel a fait part jeudi de sa volonté d'interdire la vente de glyphosate et d'autres herbicides aux particuliers.

Ils ont toutefois déploré "le temps perdu dans un débat où il était important d'appliquer depuis longtemps l'évident principe de précaution, alors que les études les plus alarmistes se multiplient sur le sujet".

Relevant que ce changement soudain de position est intervenu quelques heures après l'annonce similaire faite par la ministre flamande Joke Schauvliege, et après plusieurs appels dans ce sens de leur part, les deux ministres régionaux ont rappelé qu'à leurs initiatives respectives, le gouvernement bruxellois avait validé l'interdiction de l'utilisation de pesticides contenant du glyphosate à Bruxelles il y a un peu plus d'un an et que cette interdiction avait été validée par le gouvernement wallon le 30 mars dernier.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir