Boom des exportations d'armes wallonnes en 2014

La FN, acteur majeur du marché des armes wallonnes
La FN, acteur majeur du marché des armes wallonnes - © GUY MOSSAY - BELGA

Les exportations d’armes sont un sujet sensible. On touche à des informations dont le détail n'est habituellement réservé qu'aux seuls parlementaires. Mais certains chiffres filtrent quand même. Or, il semble que la Wallonie ait exporté ses armes comme jamais en 2014. On parle même d’une année record.

"Année de reprise" serait sans doute plus approprié parce qu’il convient de relativiser les chiffres. En général, la valeur des exportations d'armes wallonnes fluctue entre 4 et 800 millions d’euros.

Ces derniers temps, les marchés s’étaient contractés. Mais le premier semestre 2014 fait exception : des licences ont été accordées pour un montant de 3,5 milliards d'euros dont 3 milliards pour le seul Canada. Le Canada qui fait partie des débouchés habituels avec les autres pays de l’OTAN et ceux du Golfe. Ces 3 milliards du marché canadien doivent cependant être nuancés. Même s’ils sont comptabilisés sur le premier semestre 2014, ils concernent en fait une licence qui s’étend sur une période de 10 ans. Une décennie pendant laquelle le groupe CMI va livrer des tourelles de char au Canada.

Marché des armes en hausse

Il n’empêche : ce marché-là fait remonter les chiffres d’exportations d’armes à leur plus haut niveau. Et pas seulement pour 2014: il semble bien que les perspectives soient aussi à la hausse pour 2015 voire 2016.

Avec 80% du total des armes vendues à l'étranger, la Wallonie reste le plus gros exportateur du pays. Cette position de leader l’a souvent mise en ligne de mire. Raison pour laquelle la Région s’impose des règles avant d’accorder sa licence. Suffisantes ces règles ? Non, pour le Groupe de Recherche et d’Information Sur la Paix et la Sécurité. Jihan Seniora, chargée de recherche au GRIP, note que le contrôle vise bien le client qui a commandé les armes, que la Région impose également certaines clauses de non-réexportation mais qu’après livraison, elle ne contrôle plus rien de l’utilisation ou de la revente éventuelle.

6.123 emplois directs et indirects

En regard de ces considérations, le secteur fait valoir son impact économique. 46 entreprises actives dans l’armement parmi lesquelles la FN, CMI, FZ, Mecar, Thalès ou Tech Space Aero procurent plusieurs milliers d’emplois à une Région wallonne qui ne demande pas mieux. Pourrait-elle d'ailleurs se permettre d'en faire l'économie ? Aucun parti n'est prêt à faire ce pari.

Carl Defoy

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