Blocages contre la taxe au kilomètre: stop ou encore ?

Les fédérations de transporteurs en désaccord sur la suite du mouvement
Les fédérations de transporteurs en désaccord sur la suite du mouvement - © THIERRY ROGE - BELGA

La réponse parait simple et pourtant  les blocages divisent au sein même des fédérations chargées de représentées les transporteurs. Alors que la Febetra (Fédération belge du transport) réclame la fin des actions, l’UPTR (Union professionnelle du transport par route) dit comprendre ce mouvement.

Bref, on ne parle pas vraiment à l’unisson du côté des transporteurs. Pour la Febetra, les actions qui se prolongent sont tout simplement contre-productives. Isabelle De Maegt, la porte-parole de la Febetra explique : " Ces actions ont uniquement un impact négatif  sur d’autres transporteurs routier. Donc des collègues de ceux qui bloquent actuellement les routes. Il y a de nombreux camions coincés dans ces barrages qui ne savent pas livrer leurs marchandises et donc les chauffeurs sont  là, bloqués pendant des heures et des heures. Nous recevons des appels d’entreprises qui nous disent avoir des chauffeurs  bloqués dans leur camions sans eau ni nourriture depuis hier soir. "

Un problème dont l’UPTR, l’autre organisation de transporteurs du pays, se dit consciente. Michaël Ruel, le secrétaire général de l’UPTR, explique recevoir aussi des appels de transporteurs fâchés de ces blocages " mais nous en recevons plus de transporteurs qui trouvent que  nous n’en faisons pas assez " alors pour lui, pas question de demander aux camionneurs de lever les barrages. "De quel argument dispose l’UPTR pour inviter les transporteurs à arrêter ce mouvement ? Nous n’avons jamais invité qui que ce soit à bloquer les routes, nous n’invitons personnes à le faire, mais nous comprenons et nous respectons la décision de ceux qui disent aujourd’hui que la moutarde leur monte au nez. "

Un mouvement  spontané difficile à canaliser

Reste qu’au plus le blocage persiste, au plus les voix s’élèvent contre ce mouvement.  Plusieurs entreprises ou encore le ministre wallon Maxime Prévot (cdH) se sont joints à la Febetra pour demander l’arrêt des blocages.  Cela dit, quelle que soit la volonté des uns et des autres, encore faut-il pouvoir canaliser ce mouvement.   

Tenter de calmer le jeu semble aujourd’hui difficile car au-delà des questions de fond, il ne faut pas oublier que ces blocages sont avant tout des actions spontanées.  "Ce sont des entreprises individuelles qui ont décidé de ce mouvement, ce n’est pas soutenu ou organisé par la Febetra " rappelle ainsi Isabelle De Maegt. Même son de cloche du côté de l’UPTR. Michaël Ruel ajoute que même si elle soutient les camionneurs, elle a peu d’emprise sur l’évolution du mouvement. " Notre organisation n’est pas un syndicat. Nous sommes une fédération patronale avec une personnalité juridique. Donc, contrairement aux syndicats, si nous donnions un mot d’ordre de blocage, notre responsabilité pourrait être engagée, ce qui signifierait la mort de l’UPTR. " 

Même au sein des transporteurs qui mènent ces actions, l’information ne semble pas toujours circuler. Après avoir rencontré lundi le ministre wallon Christophe Lacroix (PS), quatre transporteurs appelaient à un assouplissement du mouvement, histoire de laisser un peu de répit au gouvernement wallon pour prendre des mesures. L’appel a  été lancé mais les blocages d’aujourd’hui montrent bien qu’il n’a pas été entendu et suivi.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK