Blocage persistant sur la réforme des profs francophones

Blocage persistant sur la réforme des profs francophones
Blocage persistant sur la réforme des profs francophones - © THIERRY ROGE - BELGA

Le gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles devait s'entendre, ce mercredi, sur la très attendue réforme de la formation initiale des enseignements du ministre Jean-Claude Marcourt (PS). Une réforme attendue depuis une demi-douzaine d'années, et il faudra attendre au moins une semaine de plus. Par courriel, le cabinet Demotte a annulé la conférence de presse de présentation de la réforme, prévue à 12h15, ce mercredi. Ça bloque.

Ce n'est pas tant le principe de la réforme (passage à terme à 5 ans d'étude), que certains détails pratiques qui expliquent le blocage PS-cdH sur ce dossier, pourtant l'un des points-clé de la déclaration de politique communautaire 2014-2019. Surtout qu'à mi-législature, il est temps d’atterrir. Mais comme l'explique longuement le journal Le Soir, ce mercredi, les points de blocages sont, d'au moins, deux ordres : le coût de la réforme à terme, et la "co-diplomation". 

Coûts salariaux...

Faire passer de 3 à 5 ans la formation des profs, c'est les faire passer d'un certain barème (le 301), à un autre (le 501). Le barème 501 coûte, évidemment, plus cher que le 301. Et selon le Soir, la facture est connue : lorsque tous les profs en activité auront suivi une formation de 5 ans, il en coûtera ... 720 millions ! Cette vitesse de croisière n'est pas prévue pour demain, mais pour 2056, mais le cdH a de gros doutes sur la soutenabilité financière de cette réforme. Un consensus pourrait se dégager par la voie de la création d'un barème intermédiaire, le 401, une éventualité qui n'est pas vue d'un très bon œil par certains syndicats.

... et co-diplomation

L'autre pierre d'achoppement entre rouges et oranges concerne la "co-diplomation". La réforme prévoit une formation en trois ans en haute école, puis un an (et ensuite deux ans) en université, avec au bout du compte un seul diplôme, mais deux cachets sur le diplôme. Jusque-là, pas de problème. Mais quelles hautes écoles collaboreraient avec quelles universités ? Le PS souhaiterait se baser sur la réalité géographique : par exemple, les hautes écoles bruxelloises verraient leurs étudiants compléter leur formation à l'ULB, et uniquement à l'ULB. C'est la logique du décret "Paysage" sur les pôles académiques. Côté cdH, on préférerait plutôt laisser la liberté aux hautes écoles, qui pourraient envoyer leurs étudiants dans n'importe quelle université : ainsi un étudiant sortant d'une haute école liégeoise pourrait terminer ses études à l'université de Namur. 

Ce mercredi, les ministres espéraient pouvoir dégager un accord, en vain. Nouvel essai mercredi prochain. Ceux qui attendent la réforme depuis 2011 ne sont plus à une semaine près...

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