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1er mai libéral avec pour la première fois un Premier Ministre libéral... Ciel bleu sur Jodoigne?

Pour Charles Michel et plus généralement pour l’ensemble du Mouvement Réformateur, la semaine aura été plutôt bonne, surtout après les tensions des dernières semaines.

Pensez donc ! En quelques jours, le Premier Ministre libéral aura vu la FGTB renoncer à la grève, le gouvernement wallon revenir à de meilleurs sentiments et cerise sur le gâteau jodoignois du 1er mai, le PS devancé par le MR en Wallonie dans un dernier sondage !

Suite gagnante

La situation pourrait en effet beaucoup plus difficile pour Charles Michel et les siens.

Au niveau fédéral, le MR l’a joué quitte ou double, en rupture parfois même avec ses engagements pré-électoraux.

La forte réaction syndicale de l’hiver connaît bien des difficultés à passer le printemps. Clairement, le mouvement s’essouffle et si les syndicats ont obtenu de sérieux aménagements sur les fins de carrière, le gouvernement fédéral a tenu bon et a maintenu deux mesures symboliques : le saut d’index et la pension à 67 ans. Ces mesures n’ont aucun effet pour l’instant mais elles constituent les " marqueurs " de la rupture avec les gouvernements précédents dans lesquels on a parfois l’impression que le MR n’y a jamais siégé, à entendre Charles Michel.

Les relations semblent s’apaiser également avec le gouvernement wallon, chaque niveau de pouvoir y a mis du sien, un groupe de travail conjoint est chargé de déminer la situation et on peut gager qu’un accord équilibré sera au bout du chemin.

Enfin, pour fêter dignement le 1er mai, le dernier sondage Ipsos pour Le Soir et RTL-Tvi place le MR juste devant le PS en Wallonie (26,1% vs 25,8%).

Apparences trompeuses ?

Mais comme souvent en politique, la situation d’un moment ne préfigure pas forcément l’avenir.

Les syndicats (ACV en tête cette fois) vont mobiliser à présent sur le tax-shift où le CD&V (malmené lui dans les sondages) va jouer sa crédibilité. Les effets du saut d’index ne se feront sentir que l’an prochain et les négociations sur les pensions doivent encore commencer et pour l’instant, le travailleur ne sait pas encore ce qui l’attend.

Alors que même en interne, le MR s’attendait à perdre des plumes après son audacieux pari (kamikaze avait-on entendu), il se maintient à son bon score de mai 2014 mais doit son court leadership wallon essentiellement à l’effondrement du PS.

Mais surtout, les libéraux francophones paraissent bien isolés. Avec qui pourraient-ils former une majorité wallonne ou francophone ? L’éparpillement des voix condamnent pratiquement à la tripartite. En se " droitisant ", le MR a aussi rendu plus difficile un rapprochement avec CDH et ECOLO. A moins d’un rabibochage avec le PS ?

Les prochaines électorales se situent dans une éternité politique (octobre 2018 et mai 2019). Le trio Michel-Chastel-Reynders qui semble avoir trouvé un équilibre de fonctionnement peut profiter de son 1er mai. Sereinement.

Qui l’eût cru, il y a quelques semaines encore…

 

@PhWalkowiak

 

 

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