"Blague" sur l'Aquarius? "Le Premier ministre n'a pas voulu plaisanter sur la situations des migrants" (vidéos)

Charles Michel a-t-il vraiment "blagué" ce lundi soir au sujet de l'Aquarius, qui transportait en Méditerranée 629 migrants en situation très délicate, sans pouvoir trouver de port où ils seraient acceptés?

C'est ce que laissent penser les sites français de BFM TV et du Huffington Post qui titrent sur cette "plaisanterie", mais aussi le court extrait vidéo qu'ils diffusent et qu'on peut voir ci-dessus.

Interrogé sur la possibilité pour des ports français ou belges d'accueillir des bateaux de migrants en Méditerrannée qui auraient été refusés par d'autres pays, Charles Michel a en effet répondu par une évidence:

"D'abord, premier élément, la Belgique n'a pas de port en mer Méditerranée"  commence-t-il, esquissant un léger sourire, "à ce stade" précise-t-il.

Précision inutile que lui fait remarquer son homologue français Edouard Philippe, avec une pointe d'ironie: "Ca devrait durer".

Surpris, Charles Michel affiche cette fois un large sourire et concède: "Je le crains".

Alors, concours de blagues sur une situation désespérée?

Du côté du cabinet de Charles Michel, on souligne que "Le Premier ministre n'a pas voulu plaisanter sur la situations des migrants, il a  juste voulu souligner que la Belgique n'est pas concernée géographiquement par le problème. Il a fait une réponse factuelle et regrette que le titre de BFM ne reflète pas le réel contenu de la conférence de presse".

En regardant l'extrait et la question dans son ensemble, on se rend compte que  ce court extrait est effectivement le seul moment où l'on peut déceler un sourire, peut-être à cause du côté saugrenu de cette question pour la Belgique:

On ne peut par contre pas dire non plus que les deux premiers ministres aient réellement répondu à la question, mais plutôt évoqué des "grands principes"...

Le Premier ministre français avait le premier pris la parole en plaidant une "politique équilibrée", qui traiterait d'abord "avec les pays d'origine de ces migrations des conditions de départ et des conditions d'accompagnement au développement pour éviter ces départs", accompagnée d'un "contrôle des frontières de l'Union européenne" et d'"une meilleure procédure d'asile". 

Charles Michel, lui, a insisté sur la "sécurisation des frontières externes de l'Union européenne", en "rejetant tout laxisme", mais aussi sur la nécessité de "casser le business model des passeurs" en ouvrant éventuellement des couloirs humanitaires aux demandeurs d'asile, et enfin sur la nécessaire réforme des accords de Dublin pour que chaque pays européen puisse prendre sa part...

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