Bilan touristique de cet été 2020 sous Covid: pourquoi on rit en Wallonie mais on pleure à Bruxelles

Depuis le confinement, il était écrit que l'épidémie de Covid19 aurait un impact considérable sur la saison touristique 2020. Les mesures sanitaires ont profondément influencé les habitudes des vacanciers. Les professionnels du tourisme l'ont bien ressenti, pour le meilleur et pour le pire.

Le bilan touristique de cet été reflète des situations très contrastées selon le type d'activité ou la situation géographique. Les différences entre Bruxelles et la Wallonie sont, à ce titre, très parlantes. 

La Wallonie tire son épingle du jeu

De nombreux opérateurs touristiques wallons espéraient pouvoir compter sur la visite de touristes belges. Et cette tendance s'est vérifiée, selon les chiffres communiqués par l'Observatoire wallon du tourisme.

Le tourisme local semble avoir sauvé la saison touristique wallonne. En juillet et en août, 81% des touristes étaient belges, dont une majorité de wallons. Cette proportion de touristes belges est en forte augmentation, puisqu'ils étaient 20% de plus qu'en 2019. Les touristes étrangers viennent essentiellement de France et des Pays-Bas. 

Par ailleurs, l'Observatoire wallon du tourisme constate une augmentation de la durée moyenne des séjours. Cet allongement de la durée du séjour combiné à l'augmentation du nombre de touristes locaux a permis au secteur touristique wallon de limiter la casse. 

Cela se traduit par une stabilité du taux d'occupation des hôtels (65%) et des campings (72%) par rapport à 2019. Les séjours en gîte ont apparemment la cote. "Ardennes Etapes" affiche, par exemple, un taux d'occupation de 97% des gîtes qu'il met en location. 

Succès pour les activités de plein air

La situation sanitaire a manifestement poussé les touristes à privilégier les activités de plein air. "Les touristes, cet été, ont privilégié les balades en nature et la découverte des grands espaces", peut-on lire dans le rapport de l'Observatoire wallon du tourisme. 

Ce succès se vérifie, par exemple aux Jardins d'Annevoie, en province de Namur. 

A l'exception des attractions de plein air, les autres attractions touristiques ont noté une diminution de 21% de fréquentation. Cette diminution est plus marquée pour les grandes attractions touristiques que pour les plus petites structures. Les touristes ont visiblement préféré éviter les foules.


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Des opérateurs wallons globalement satisfaits

Le secteur du tourisme wallon s'estime donc globalement satisfait. Ainsi, 73% des opérateurs locaux se disent satisfaits, voire très satisfaits du mois de juillet. 

Ce bilan satisfaisant n'est cependant pas suffisant pour éponger les pertes importantes subies au printemps, alors que le secteur touristique était littéralement à l'arrêt. Mais la saison d'été est plutôt encourageante pour les saisons à venir. 

Le tourisme bruxellois paralysé

Le bilan touristique bruxellois est nettement moins encourageant, pour ne pas dire carrément préoccupant pour le secteur. 

Habituellement, le tourisme bruxellois dépend à 85% des visiteurs étrangers. Comme d'autres grandes villes européennes, Bruxelles a subi de plein fouet le ralentissement des déplacements internationaux en raison des inquiétudes sanitaires.

Peu de grandes villes ont attiré les foules cet été en raison de l'épidémie. Bruxelles n'a donc pas su compenser l'importante perte de clientèle internationale par le tourisme local. 

Le secteur hôtelier bruxellois est probablement la première victime de ce ralentissement. Rodolphe Van Weyenberg, secrétaire général de la Brussels Hotel Association (BHA) ne cache pas son inquiétude. "C'est le pire des scénarios qui se confirme pour le secteur hôtelier bruxellois. Cet été, on a enregistré des taux d'occupation, pour les hôtels qui étaient ouverts, d'environ 20%"

Mais le taux global d'occupation des hôtels bruxellois est encore largement inférieur. Car seul un établissement sur deux environ a pu se permettre de rester ouvert.

L'autre moitié du parc hôtelier a carrément fermé ses portes pour limiter les frais de personnel, dans l'attente d'une reprise du tourisme international et du tourisme d'affaire dont Bruxelles est également très dépendante. Le taux réel d'occupation doit donc avoisiner les 10%.

Absence totale de perspective

La clientèle restante est essentiellement professionnelle. "Il y a des clients qui restent en tout temps au sein des hôtels, par exemple, les compagnies aériennes ou les compagnies de cargo qui continuent à loger des gens dans les hôtels en toutes circonstances."

Le Secrétaire général de BHA est très clair. "La situation n'a jamais été aussi préoccupante. Tous les indicateurs sont en ce moment négatifs. Le mot catastrophe ne servirait plus à décrire la situation du secteur Bruxellois et peut-être d'autres grandes villes en général."   

Fréquentation des musées et attractions en baisse

Les chiffres de fréquentation de quelques musées et attractions que nous avons pu recueillir confirment ce ralentissement très important des activités touristiques à Bruxelles.

Les musées des Beaux-Arts qui comprennent le Musée Magritte, musée le plus visité de Bruxelles, n’a par exemple attiré que 16.252 visiteurs en juillet. Il s’agit du meilleur mois de la saison. Mais on est très loin de l’afflux de visiteurs habituel. Ce chiffre ne représente que 30% de la fréquentation habituelle des Beaux-Arts.

Du côté de Mini-Europe, les chiffres de fréquentation ne sont pas plus brillants. Là aussi, la fréquentation du site cet été n’atteint qu’une trentaine de pourcent de la fréquentation habituelle. 

Même constat désastreux pour l'Atomium. Le nombre de visiteurs n'atteint que 42% de la fréquentation habituelle en juillet et seulement 21% au mois d'août. 

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