"Sans les mesures gouvernementales, on n'aurait jamais créé autant d'emplois", estime la FEB

Bilan du gouvernement Michel: "Sans les mesures gouvernementales, on aurait jamais créé autant d’emplois", estime la FEB
Bilan du gouvernement Michel: "Sans les mesures gouvernementales, on aurait jamais créé autant d’emplois", estime la FEB - © Tous droits réservés

Pour la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), ça ne fait aucun doute : le gouvernement Michel mérite une bonne note. Bien sûr, affirme son administrateur délégué Pieter Timermans, ce sont avant tout les entreprises qu'il faut féliciter. "Mais il faut un cadre pour pouvoir investir dans l’innovation, dans l’exportation, rappelait-il ce lundi dans Matin Première. Si on n'a pas un bon cadre, il y a un problème, on l’a constaté entre 2010 et 2015." Création d'emplois, tax shift, autant de mesures que la FEB a saluées, se basant sur une étude de la KUL, selon laquelle 73.000 des 133.000 nouveaux postes créés dans le privé entre 2014 et 2018 sont le résultat des mesures gouvernementales. "Sans ces mesures, on n'aurait jamais créé autant d’emplois et on aurait un problème substantiel au niveau du chômage", affirme Pieter Timermans. La Belgique doit aussi sa bonne santé économique au coup de pouce de la croissance européenne, ce que ne nie pas la FEB. "55-60% sont dues aux mesures, le reste est dû à la croissance européenne, explique Pieter Timermans. Nous exportons beaucoup vers l’Allemagne, donc quand l’économie allemande se porte bien, c’est une bonne chose pour nous.

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Le gouvernement Michel a-t-il eu bon sur toute la ligne alors ? La FEB nuance : "Il y a notamment un problème au niveau de l’écologie et de la mobilité", estime l'administrateur général. La FEB enjoint donc le prochain gouvernement à continuer les efforts, notamment en consacrant les 700 millions de budget sur les cas les plus difficiles. Le syndicat préconise également de se pencher sur le sujet du climat, "omniprésent" dans les débats selon Pieter Timermans. "Pour relever ces défis, il faut une économie en bonne santé", rappelle-t-il. Pourtant, la FEB avait rejeté en bloc le projet de loi climat. Pour Pieter Timermans, c'était une impasse : "C'est comme sauter d'un avion sans parachute, en se disant qu'on en trouvera un sur le chemin".

Avec l’inflation et le tax shift, l'augmentation des salaires, c’est 6%!

Pourtant, le gouvernement Michel n'a pas manqué d'essuyer des critiques ces dernières années, notamment avec le saut d'index, accusé de porter un coup aux salaires. Pour la FEB, ces critiques sont difficiles à expliquer : "ça mérite des analyses approfondies", estime Pieter Timermans, qui n'hésite pas à parler de "fake news". "On parle d’une augmentation de salaire de 1,5%, mais avec l’inflation et le tax shift, c’est 6% !, affirme-t-il. Il y a quatre ans, tout le monde disait que c’était un cadeau aux employeurs plutôt qu'à l’emploi, mais aujourd'hui on constate que c'est un cadeau pour l'emploi.

La FEB plaide-t-elle alors pour une suédoise bis après le 26 mai ? Pieter Timermans botte en touche : "La couleur du gouvernement ne m’intéresse pas, ce qui importe c’est ce qu’ils vont faire. Aujourd'hui je constate simplement que nous avons quelques problèmes, qu’il y a des emplois d’un côté et du chômage de l’autre, affirme l'administrateur général. La solution pour nos problèmes budgétaires, pour le climat et la mobilité, c'est de faire en sorte que le tissu économique se renforce, parce qu’un tissu fort permet de financer nos problèmes à l’avenir".

Certains partenaires sociaux sont dans l’opposition plutôt que la construction

Le gouvernement laisse pourtant une ardoise de 11 milliards de déficit. Pour la FEB, il faut donc s'attaquer au marché du travail. "C'est le seul moyen pour sortir des problèmes budgétaires, explique Pieter Timermans. L’autre solution c’est de taxer, et je pense que ce n'est pas la bonne solution à cause de notre système fiscal. Cela démontre qu’on a besoin d’une réforme fiscale pour pouvoir donner un peu plus en net quand on accorde une augmentation salariale", conclut-il.

Revenant sur l'accord interprofessionnel, Pieter Timermans n'a pas manqué d'égratigner la FGTB : "Il y avait quand même une large majorité qui approuvait l’AIP, il n’y a qu’un syndicat qui l’a refusé." La FEB estime qu'il faudra trouver, après les élections, "un équilibre entre les partenaires sociaux et le gouvernement. Mais dans beaucoup de cas, les syndicats défendent d’abord le statu quo." Pieter Timermans estime que "certains partenaires sociaux sont dans l’opposition plutôt que la construction". Les principaux concernés apprécieront.

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