Bilan du gouvernement Michel: d'abord et surtout du socio-économique

Bilan du gouvernement Michel: d'abord et surtout du socio-économique
Bilan du gouvernement Michel: d'abord et surtout du socio-économique - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Ce samedi dans la soirée, Charles Michel a décidé de débrancher la prise suite à une conférence de presse de la N-VA. "La N-VA est partie du Conseil des ministres ce samedi soir. Je constate qu'elle a quitté la majorité suédoise", a-t-il affirmé en direct de sa tribune ministérielle au Lambermont. Il s'envolera donc pour Marrakech au nom "d'une coalition orange-bleue". La N-VA a pourtant bel et bien fait partie du bilan à tirer de ce gouvernement aussi appelé "Suédoise". Retour sur les grands chantiers engagés durant la législature. 

Relancer l'emploi, relancer l'économie était le principal objectif du gouvernement Michel. Un gouvernement qui, dès le départ, a mis le communautaire, en vue d'une possible nouvelle réforme de l’État, sur la touche. Un choix accepté par la N-VA. Mais à travers les mesures prises, très rapidement, les syndicats sont montés au créneau.


►►► À lire aussiCharles Michel: "Je prends acte que la N-VA quitte la majorité suédoise"


Charles Michel répond que depuis la mise en place de son gouvernement, plus de 200.000 emplois ont été créés. Le contexte mondial l'a aidé mais lui, insiste sur l'importance des mesures prises par son équipe.

Tax shift

Ce terme anglo-saxon, qui peut se traduire par virage fiscal, a été l'une des mesures fortes du gouvernement. L'objectif était de faire glisser une partie de la fiscalité sur les revenus du travail vers d'autres postes comme les revenus du capital, les revenus immobiliers, vers les produits de consommation etc... Une mesure notamment destinée pour le gouvernement à augmenter le pouvoir d'achat des travailleurs, le salaire net. Chiffres avancés: 2,750 milliards d'euros ont été distribués par ce biais. Et, en janvier prochain, un autre milliard le sera. Pour le gouvernement, cela permettra alors une hausse mensuelle de 100 euros pour un salaire brut de 2800 euros.


►►► À lire aussi Une hausse moyenne de 36 euros des salaires grâce au tax shift


Mais le tax shift est aussi clairement destiné aux entreprises. Via ce biais, elles bénéficient d'importantes réductions de charges salariales, ce qui apparaît comme un stimulant pour l'économie.

Mais parallèlement, pour le compenser, ce tax shift a entraîné une série d'augmentations comme la hausse des accises sur le diesel, le tabac, l'alcool, l'augmentation du prix de l'électricité avec la TVA qui est repassée de 6 à 21%, le relèvement du précompte mobilier sur les intérêts des obligations et dividendes... Le gouvernement a également décidé d'instaurer une taxe de 0,15% sur les comptes-titres qui atteignent les 500.000 euros.

Réforme de l'impôt des sociétés

Depuis le 1er janvier 2018, le taux d'imposition des sociétés a été revu à la baisse. De 33%, il est passé à 29. Et, en 2020, il se limitera à 25%.

Réforme des pensions

Dès sa mise en place, le gouvernement Michel a décidé, pour inciter "les Belges à travailler plus longtemps pour financer le système des pensions", qu'en 2025, l'âge de départ à la retraite sera de 66 ans et qu'en 2030, il sera de 67 ans. Parmi les critiques souvent entendues, cet allongement ne se retrouvait dans aucun programme des partis de la majorité.

Suppression d'un saut d'index

C'est l'une des mesures qui a le plus fait bondir les syndicats. L'objectif du gouvernement était de rattraper ou de réduire par cette mesure, le handicap salarial de la Belgique dont se plaint depuis des années et des années le monde patronal.

Le Jobs deal

A travers ce choix, le gouvernement avait comme ambition de créer des emplois, chiffre avancé 12.500, en tentant de combler, dans le même temps les métiers en pénurie.  Il y a, toujours selon les chiffres du gouvernement, 134.000 postes vacants en 2018. Et pour y arriver, une série de mesures ont été décidées, des mesures dénoncées par les syndicats.

  • à partir du 1er janvier 2019, le système des crédits-temps de fin de carrière vont être revus. Il ne sera plus possible de prendre un temps partiel à 55 ans. En 2020, il faudra avoir 60 ans.
  • plus possible non plus d'être prépensionné dans des entreprises en difficulté ou en restructuration avant 60 ans à partir de 2020.
  • les allocations de chômage vont aussi être modifiées. Après une perte d'emploi, les allocations seront plus élevées pendant les 6 premiers mois et puis, elles baisseront beaucoup plus rapidement qu'aujourd'hui...

Pour le gouvernement, ces mesures vont rapporter de manière générale 500 millions, avec une baisse des dépenses chômage, une hausse des rentrées ONSS et des rentrées fiscales... Mais la Cour des Comptes, en novembre 2018, a ciblé le gouvernement estimant que les montants avancés étaient trop optimistes.

Équilibre budgétaire reporté

La N-VA le voulait pour 2019. Le gouvernement a décidé que l'objectif était reporté en 2020.

Achat des F-35

Le gouvernement a opté, sans réelle surprise, pour les F-35 du groupe américain Lockheed Martin pour remplacer les vieux F-16 à partir de 2023. Un choix qui a suscité les critiques de l'opposition qui aurait préféré que le gouvernement se tourne vers un avion européen.

Sortie du nucléaire en 2025, réforme du Code pénal et lancement du Pacte national pour les investissements stratégiques

Ce Pacte est un projet cher à Charles Michel. Projet qu'il voulait déjà concrètement faire avancer pour la fin de la législature...Un partenariat public-privé portant sur 6 axes: la transition numérique, la cybersécurité , l'enseignement du numérique, les soins de santé, l'énergétique et la mobilité. Un plan de 150 milliards qui boosterait la croissance. Les régions ont été impliquées mais du côté du gouvernement flamand, Geert Bourgeois, le ministre-président NVA, se demandait dès le départ comment son gouvernement allait pouvoir le financer, expliquant que la Flandre avait déjà augmenté sensiblement ses dépenses en investissement public.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK