Bienvenue au Parlement fédéral: Marcel Fisch sera votre guide

Tous les jours, le péristyle séparant la Chambre du Sénat est le théâtre d'un ballet incessant de visiteurs curieux de découvrir le Palais de la Nation. Qu'ils soient touristes ou étudiants, leurs guides ne se lassent jamais de leur raconter l'histoire de la Belgique avec le même dévouement. Marcel Fisch est l'un d'entre eux.

"Vous remarquerez que ma cravate est Fuschia. Comme ça, je reste neutre", présente-t-il à ses visiteurs. Il a passé la soixantaine, mais nous assure vivre "la plus belle période" de sa vie professionnelle. Passionné d'histoire et de politique, ce n'est pas en tant que guide que Marcel Fisch a commencé sa carrière à la Chambre. "En voyant mes collègues guides faire des visites, j'ai directement pensé que c'était quelque chose que je voulais absolument faire. Cela rejoint mes passions depuis toujours", annonce-t-il naturellement.

Enrichissement quotidien

Ce qui lui plaît, c'est essentiellement le contact avec son public. Un véritable enrichissement quotidien. "Nous avons parfois des touristes étrangers qui comparent notre Parlement avec leurs propres institutions. Ce sont eux qui m'apprennent des choses parfois. C'est un véritable échange", s'enchante-t-il.

La plupart des groupes en visite à la Chambre sont des groupes scolaires de tous les âges, du primaire au supérieur. Pour le reste, il s'agit principalement de groupes culturels, de sociétés ou d'invités de députés. "Nous avons aussi de plus en plus d'associations qui s'occupent de migrants. Une visite au Parlement est prévue dans le parcours d'intégration", témoigne Marcel Fisch. Rappelons que le récent accord du gouvernement flamand entend d'ailleurs rendre ce parcours d'intégration obligatoire, mais également payant.

Pour Marcel et ses collègues, l'enjeu est capital. "On remplit une mission : faire comprendre au citoyen qu'il est ici chez lui. Le Palais de la Nation, c'est le Palais de tout le monde. Ce n'est pas une caserne mais une maison ouverte", lance-t-il. Il est vrai que la plupart des activités parlementaires sont publiques, et qu'il suffit de présenter votre carte d'identité pour assister à une commission ou une séance plénière.

Avec le temps, Marcel Fisch enrichit ses visites de petites anecdotes croustillantes. "On a une collection de bustes de la plupart de nos premiers ministres. Dans un des couloirs, il y a un buste en bronze de Monsieur Dehaene portant des lunettes. Il y a toujours un petit plaisantin qui déplace les lunettes sur le buste d'en face", raconte-t-il à l'assemblée.

Parfois, ce sont les visiteurs qui posent des questions plutôt cocasses. "Comment prendre les poussières sur les lustres au sommet de l'hémicycle ?", lui demande-t-on souvent. "Et pourquoi le lion Peugeot est-il dessiné partout ?", s'est étonné un petit garçon.

Voir la démocratie fonctionner

Mais derrière chaque question, naïve ou non, se cache une marque d'intérêt de la part du visiteur. Et d'un pari réussi pour Marcel Fisch. "À l'heure où l'on parle beaucoup de désenchantement du citoyen vis-à-vis de la politique, et d'un désintérêt, notamment de la jeunesse, notre travail représente pour nous une façon de prouver le contraire, qu'il est possible de participer, de voir nos institutions et notre démocratie fonctionner. Ce n'est pas un travail, c'est une passion", conclut-il.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK