"Bien joué mais trop tôt": l'incendie volontaire au futur centre d'asile à Bilzen a été applaudi. "Une limite franchie"

L'incendie qui s'est déclaré dimanche soir dans un bâtiment destiné à devenir un centre d'accueil temporaire pour les demandeurs d'asile à Bilzen, près d'Hasselt (province de Limbourg), est très probablement d'origine criminelle, a-t-on appris lundi auprès des pompiers locaux. Personne n'a été blessé mais les dégâts matériels sont conséquents. Une triste première, selon Fedasil, qui explique cependant que les incidents ont triplé ces derniers temps.

La ministre responsable de la politique d'asile Maggie De Block avait annoncé qu'en raison d'un manque de places, cet ancien home serait reconverti à partir de la mi-décembre en centre d'accueil temporaire pour les réfugiés. Une annonce qui avait provoqué une grande colère parmi la population lors des soirées d'information, rappelle Het Nieuwsblad. "Ils feraient mieux de mettre le feu à ce truc" avait déclaré un participant. La député Vlaams Belang Annick Ponthier, qui a mené la fronde pour s'opposer à l'implantation de ce centre dit cependant au journal "regretter profondément" les suites.

Une haine aveugle qui s'est confirmée une fois que le batiment a été réellement incendié: cité par Het Nieuwsblad, un témoin qui a appelé les secours explique qu'on lui a crié de ne pas donner l'alerte: "Laisse-le brûler", lui a-t-on dit. Et plusieurs témoins "oculaires rapportent que des spectateurs ont applaudi, souligne Het Laatste Nieuws. On a même entendu "Bien joué, mais quelques semaines trop tôt"... parce que les réfugiés ne sont pas encore là, souligne le journal.

"Super, continuez" peut-on lire sur les réseaux sociaux en commentaire aux vidéos de l'incendie. "Enfin quelqu'un qui prend les choses en main".

"Une limite a été franchie" regrette Johan Sauwens, bourgmestre de Bilzen, qui souhaite se distancier de tous les commentaires haineux lus sur les réseaux et réagit fermement. "Il n'y a pas de place pour l'intolérance et le crime à Bilzen" a-t-il déclaré dans Het Laatste Nieuws.

"Nous devenons une société très intolérante. Il doit y avoir un signal que ça n'est pas acceptable" a de son côté réagi la ministre De Block. Et même son prédécesseur Théo Francken a calmé le jeu sur Twitter: "Peu importe à quel point tu te révoltes contre la politique d'asile, mettre le feu n'est jamais la bonne réponse. Ne transformez jamais le ressentiment contre une mauvaise politique en ressentiment contre les gens".

La Croix-Rouge flamande a mesuré les dégâts hier mais plaide pour la poursuite des plans d'accueil. "Nous étudions la rapidité avec laquelle les réparations peuvent être effectuées. Ces lits sont vraiment nécessaires. Des centaines de demandes d'asile sont ajoutées chaque mois, mais les flux sortants sont lents.
En conséquence, des centaines de nouveaux abris sont nécessaires chaque mois pour fournir à tout le monde un abri et des besoins de base tels que des repas,
des installations sanitaires et des vêtements
."

 

Journal télévisé 13H

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