"Bien joué Bart…" ou l'art de profiter des brèches

« Bien joué Bart… » ou l’art de profiter des brèches
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« Bien joué Bart… » ou l’art de profiter des brèches - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Samedi soir, à Malines, devant 5000 militants de la N-VA, Bart De Wever a encore plus brouillé le jeu politique. Et il l’a fait en quatre temps.

L'appui du CD&V

Samedi soir, Bart De Wever a répété et répété que son parti comptait aller au gouvernement fédéral. C’était la phrase magique, celle qui compte pour garder le soutien du CD&V. Depuis les élections du 26 mai, les chrétiens-démocrates flamands ne cessent de dire qu’ils ne laisseront pas la N-VA sur la touche. Vendredi, à l’entrée du conseil des ministres, Koen Geens l’a redit. Et samedi matin, cerise sur le gâteau pour la N-VA, dans le Tijd, Hilde Crevits, la numéro deux du gouvernement flamand, expliquait que: "Si la n-VA ne veut pas gouverner, alors nous nous retrouvons dans un contexte différent. Mais leur réaction aux discussions avec les informateurs ne me semble pas être celle d’un parti qui n’en a rien à faire. Donc on peut difficilement dire adieu maintenant à la N-VA." Pour Bart De Wever, c’était du petit lait.

 

La bonne note des informateurs

Samedi soir, Bart De Wever a insisté sur la "bonne note" des informateurs qui a fuité mercredi soir. Pour lui, elle va dans le bon sens. Chacun reconnaît qu’elle n’est pas très riche et qu’elle ne va pas très loin mais pour la N-VA, c’est un plus sur le plan symbolique. Pour Peter De Roover, le chef de groupe nationaliste à la Chambre: "La note des deux informateurs tient compte de la réalité flamande. Elle est de centre-droit et elle n’a rien à voir avec celle de Paul Magnette."

 

La pseudo main tendue au PS

Samedi soir, Bart De Wever a joué subtil. Avec un discours fort pour les milliers de militants présents et des propos plus nuancés et de bonne volonté pour la presse, surtout francophone. Et la surprise est venue de son appel du pied au PS: "Nous sommes prêts à former un grand accord avec les socialistes." Et question contenu, Bart De Wever ne prend pas grand risque en mettant comme premier point une augmentation des basses pensions. Aujourd’hui, en effet, tous les partis sont d’accord sur cette mesure.

 

La gifle de l'Open VLD

Samedi soir, Bart De Wever a tapé, tapé sur les libéraux flamands. Il dit ne pas les comprendre. "Nous avons formé avec eux, un gouvernement qui poursuit la politique de la suédoise au niveau flamand mais au fédéral, ils voulaient gouverner à gauche avec les socialistes. Mais ils ont raté leur coup." Pour Bart De Wever, l’Arc-en-ciel est mort et son élargissement au CD&V aussi. Les chrétiens-démocrates flamands répétant qu’ils ne veulent pas lâcher la N-VA et la N-VA répétant qu’elle veut aller au fédéral. La ritournelle est connue. "Bien joué Bart…", le blocage persiste à moins d’une surprise cet après-midi à l’issue du rapport que feront les deux informateurs au Roi.

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