BHV: pour Didier Reynders, les discussions peuvent reprendre

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Didier Reynders est resté plus de trois heures chez le roi, dimanche soir. Il a remis un premier rapport à Albert II après avoir eu, ce week-end, des contacts bilatéraux avec tous les partis concernés, y compris les socialistes flamands.

 

Une nouvelle semaine de tous les dangers sur le plan communautaire. Après le clash provoqué par l'Open VLD jeudi dernier, le Roi a consulté de nombreuses personnalités politiques. Et il a confié à Didier Reynders une mission d'urgence : vérifier si la poursuite des négociations sur la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde est encore possible. Le président du MR a donc à son tour consulté. Et dimanche soir, il s'est rendu chez le roi Albert II pour lui présenter son rapport. Oui, les discussions peuvent reprendre.

C'est sans doute le Premier ministre Yves Leterme qui sera chargé de diriger les discussions. Le bilan de ce week-end de temporisation, c'est un peu l'histoire du verre à moitié vide et du verre à moitié plein.

Le verre à moitié plein d'abord. En regardant de tout près, on a pu deviner un léger frémissement tant au CD&V qu'à l'Open VLD. Chez les libéraux flamands, on joue sur les mots. Ce n'est plus un ultimatum mais un "deadline naturel", Alexander De Croo pointant qu'il n'était finalement dicté que par l'agenda de la Chambre.

Frémissement aussi au CD&V, où  Marianne Thyssen a ouvertement contesté la stratégie des dates butoir, la présidente des chrétiens démocrates flamands ajoutant que c'était aux francophones à venir maintenant avec des propositions.

Mais le verre est aussi à moitié vide : si personne n'a pris le risque de la rupture définitive, les négociations proprement dites n'ont pas non plus repris. Ce n'est qu'à partir de ce lundi  après-midi au plus tôt qu'Yves Leterme pourrait remettre l'ouvrage sur le métier. Et cela sans que les positions n'aient bougé d'un iota.

Et puis la crise s'est étendue à un nouveau front, celui du gouvernement flamand : Bart De Wever, le président de la N-VA, relativement discret jusqu'ici (et sans doute parce qu'il se sent dribblé sur le terrain de l'intransigeance flamande par le VLD) a rappelé haut et fort que son parti se retirerait du gouvernement de Kris Peeters si des concessions étaient accordées aux francophones en échange de la scission de BHV. La pression sur le CD&V est donc maximale, alors que la balle revient dans son camp.

L'objectif est d'aboutir pour jeudi, avant la séance plénière à la Chambre, où les députés flamands espèrent voter la proposition de loi visant à scinder l'arrondissement de Bruxelles-Halle-Vilvorde. Les chefs de groupe se réuniront aujourd'hui pour faire le point sur l'agenda parlementaire.

La N-VA de Bart De Wever entend bien mettre la pression

En novembre 2008, le CD&V avait déjà dû choisir entre le sauvetage du gouvernement d'Yves Leterme et le cartel qui le liait à la N-VA. Malgré l'explosion du cartel, le CD&V et la N-VA s'étaient à nouveau alliés en juillet 2009 au sein du gouvernement flamand. Parmi les clauses du mariage, le refus de contreparties qui seraient accordées aux francophones en échange de la scission de BHV. Aujourd'hui, Bart De Wever brandit le contrat conclu à l'époque : "On va voir si on a un accord et si cet accord correspond avec l'accord du gouvernement flamand. Et sinon, on aura un grand problème dans le gouvernement flamand. Ca c'est clair."

Pour l'heure, le CD&V fait mine de ne pas être impressionné par la menace. Marianne Thyssen : "l'accord que l'on prépare ou qu'on va avoir, ça va être un accord au niveau fédéral, ça va être un accord qu'on peut voter au parlement et on connaît l'accord gouvernemental du gouvernement flamand et on y tient compte.

- Mais monsieur De Wever a déjà dit que cela mettrait en danger le gouvernement flamand.

- Ce sont les propos de monsieur De Wever."

Bref, autour de la table de négociations de la dernière chance, Yves Leterme risque de voir, outre l'Open VLD, son propre parti également se raidir.

 

M.S. avec Pierre Magos

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