Beveren : les réactions d’indignation se multiplient après la mort d’un homme probablement victime d’une agression homophobe

Le corps de la victime, un quadragénaire originaire de Saint-Nicolas, a été découvert samedi dans un parc de Beveren, à proximité d’une ligne de chemin de fer à hauteur de la Lesseliersdreef. L’homme avait été violemment battu.

Un juge d’instruction, le laboratoire scientifique et un médecin légiste sont descendus sur les lieux samedi. "Dimanche, une autopsie a été menée sur le corps de la victime et les premières constatations confirment que cette dernière a été brutalement tuée", a commenté le parquet. "Plusieurs suspects ont pu être appréhendés. Ils sont actuellement auditionnés. L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes des faits. Toutes les pistes sont étudiées", a ajouté le parquet, alors que plusieurs médias flamands faisaient état dimanche d’un crime homophobe où la victime aurait été attirée dans le parc au prétexte d’un rendez-vous via une application de rencontre et agressée par trois mineurs d’âge. Cette information n’a pas été confirmée par le parquet. Celui-ci ne livrera pas d’autres détails dans l’intérêt de l’enquête, a-t-il conclu.

Trois suspects se sont livrés à la police

Les trois suspects interpellés à la suite de l’assassinat sont tous mineurs. Le plus jeune est âgé de 16 ans et originaire de Kieldrecht (une section de la commune de Beveren), tandis que les deux autres sont âgés de 17 ans et originaires pour l’un d’Anvers et, pour l’autre, de Verrebroek (une autre section de la commune de Beveren), a précisé lundi le parquet de Flandre orientale.

Les trois jeunes se sont eux-mêmes rendus à la police.

Selon les médias flamands qui ont révélé l’agression, la victime aurait été attirée dans le parc au prétexte d’un rendez-vous via une application de rencontre et agressée par trois mineurs d’âge.

Nombreuses réactions d’indignation, du bourgmestre de Beveren au Premier ministre

Le bourgmestre de Beveren, Marc Van de Vijver, s’est dit lundi "horrifié" par l’homicide du quadragénaire dans la commune de Flandre orientale et a vivement condamné cette violence. "C’est avec horreur et stupéfaction que j’ai appris la nouvelle. J’espère que de tels faits ne se reproduiront plus jamais. Les coupables doivent être arrêtés et sévèrement punis pour que cela ne se reproduise plus jamais", a-t-il réagi.

D’autres réactions politiques se sont succédé, pour qui le caractère homophobe de l’agression ne semble pas faire de doute.

"Profondément choqué par les faits homophobes qui ont eu lieu à Beveren. Cela fait froid dans le dos", a tweeté lundi le Premier ministre Alexander De Croo après l’assassinat d’un homme dans un parc de Beveren, même si, jusqu’à présent, le parquet de Flandre orientale n’a ni infirmé ni confirmé l’éventuel mobile homophobe. "Pensées émues à la famille et aux amis de la victime. La Justice doit faire son travail mais qu’une chose soit bien claire : nous ne tolérerons jamais cette violence chez nous", a ajouté le Premier ministre.

La ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden, a elle aussi condamné les faits. "Dans une société adulte, il n’y a pas de place pour la violence homophobe. Les faits de Beveren sont totalement inacceptables", a-t-elle ainsi écrit sur le réseau social.

"Horrible et inacceptable que quelqu’un soit tué en raison de qui il ou elle aime. Au cours des années à venir, le gouvernement interviendra plus sévèrement contre les crimes de haine : davantage de prévention, meilleures possibilités de signalement et procès efficace", a de son côté tweeté Sarah Schlitz (PS), la secrétaire d’Etat à l’Egalité des genres et des chances.

Condamnation sans détour également de la part de Sophie Wilmès, la ministre des Affaires étrangères. "En Belgique, malgré les avancées en la matière, notre identité de genre et/ou notre orientation sexuelle peuvent amener à des violences, voire à la mort. Et c’est parfaitement inacceptable. Mes pensées vont à la famille et aux proches de la victime. #Beveren", a-t-elle déclaré toujours sur Twitter.

"L’homophobie n’a pas sa place. Elle suscite chez moi un écœurement sans comparaison. Elle doit être condamnée. Le crime commis à #Beveren doit nous rappeler que l’égalité des possibles et la tolérance sont des combats du quotidien", a enfin tweeté le président du MR, Georges-Louis Bouchez.

Une association flamande de défense des droits des personnes LGBTQI + se constitue partie civile

Çavaria, groupe flamand de défense des droits des personnes lesbiennes, homosexuelles, bisexuelles, transgenres, intersexes (LGBTQI +), a annoncé lundi se constituer partie civile afin d’être impliquée dans l’enquête. "C’est toute notre communauté qui est visée" par ce crime, a souligné Lozano Lafertin, coordinateur au sein de Çavaria.

Pour Lozano Lafertin, "Il s’agirait de la deuxième victime mortelle de l’homophobie dans notre pays", après l’assassinat d’Ihsane Jarfi à Liège en 2012. "Nous voulons présenter nos condoléances à la famille et aux amis de la victime et espérons qu’ils trouveront suffisamment de soutien", notamment grâce aux lignes d’écoute dédiées. Pour l’association, il est primordial que la société dans son ensemble réagisse à cet acte injustifiable.

Journal Télévisé du 08/03/2021

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