Bernard Clerfayt: "Un débat, c'est bon pour un parti"

Bernard Clerfayt: "Un débat, c'est bon pour un parti"
Bernard Clerfayt: "Un débat, c'est bon pour un parti" - © Tous droits réservés

Le "prétendant". C'est ainsi qu'on pourrait surnommer Bernard Clerfayt. Lundi, le bourgmestre de Schaerbeek a annoncé sa candidature à la présidence des FDF. Face à un monstre sacré, Olivier Maingain. Une candidature au nom du père ? Bernard Clerfayt a répondu ce jeudi soir.

"Tout parti doit évoluer, doit s'adresser différemment à d'autres public, aborder d'autres thèmes, d'autres sujets. Olivier [Maingain] a fait le parti tel qu'il est aujourd'hui, ça fait 21 ans qu'il le préside, je pense maintenant qu'il faut redéployer le parti. Viser plus haut, viser plus fort. Et donc, organiser le changement." Bernard Clerfayt attaque d'entrée. Le Schaerbeekois n'utilise pas le condition et imagine déjà l'avenir avec un Olivier Maingain détrôné : "Olivier Maingain est, et restera toujours, un membre fort de ce parti, le chef de file au Parlement fédéral. Il a un discours fort sur une série de sujets qu'il maîtrise bien : la laïcité, la défense des francophones, le refus du nationalisme. Et on a besoin de ce discours. Mais je pense que malgré les qualités de l'homme, l'image du parti doit montrer qu'on se renouvelle. Avoir un ton différent. (...) Beaucoup de gens ne connaissent du FDF qu'Olivier Maingain alors que le parti est riche de personnalités et de talents."

Comment alors concrètement différencier l'actuel président de son challenger ? Le bourgmestre de Schaerbeek concède qu'il n'est pas "le renouvellement. Mais je suis une forme de changement. Il faut préparer la génération après nous, car le combat devra être poursuivi par les jeunes." Et pour ce faire, Bernard Clefayt plaide pour que le parti "approfondisse son message sur des thématiques où on l'entend moins". Et le candidat d'évoquer l'économie, le logement, le transport, "tout ce qui concerne la vie de tous les jours. (...) Il n'y a pas que le communautaire." Néanmoins, "le respect de la démocratie dans les communes autour de Bruxelles, ça reste important pour nous."

Dans un communiqué diffusé ce matin, Bernard Clerfayt dénonçait la mise en avant, sur la site des FDF, de la lettre de motivation d'un candidat : "Pas d’autres informations concernant les autres candidats, leurs propres lettres de candidature ni de référence à tous les articles de presse d’autres excellents quotidiens ou médias audiovisuels qui avaient également traité des élections." Ce candidat, jamais mentionné, est Olivier Maingain. Depuis, les choses sont rentrées dans l'ordre, tant Bernard Clerfayt que le troisième homme, Christophe Magdalijns, ont droit à la page d'accueil du site. Pour Bernard Clerfayt, ce fâcheux incident montre que "le parti doit s'habituer à ce qu'il y a un débat démocratique interne. Les structures sont un peu rouillées. Il faut rappeler qu'un débat, c'est bon pour un parti."

Des mesures de sécurité, "à court terme"

"Dans une situation de peur, comme c'est le cas actuellement, il est nécessaire de rassurer. (...) Il est bon qu'il y ait, à court terme, des mesures de sécurité. Je ne pense pas que l'armée soit une excellente solution. Je préfère que les policiers soient le plus possible en rue." Pour Bernard Clerfayt, "on ne pas résoudre les questions qui sont posées par les djihadistes uniquement avec des policiers ou des militaires. On va répondre aussi avec ce qui améliora le vivre ensemble, que tout le monde se sente appartenir à la même communauté" pour ainsi empêcher "cette petite forme de désespoir qui entraîne chez les jeunes - et ils ne sont pas très nombreux - [vers la Syrie]."

Autre thématique forte du moment : la liberté d'expression. Pour Bernard Clerfayt, elle est non-négociable et s'applique à tous, de la même façon : "La liberté d'expression est une valeur qui nous unit tous. Elle permet à Charlie Hebdo de critiquer avec des caricatures qu'on n'aime pas. Et, c'est aussi cette même liberté qui permet aux musulmans de vivre leur foi. Chacun dans le respect de l'autre, dans le respect des mêmes valeurs. Et c'est mon discours, quelque soit le groupe que je rencontre. C'est la même liberté doit être respectée. Par les uns et par les autres.

Sur les questions d'intégration, Bernard Clerfayt estime que ce ne sont que des questions individuelles qui se posent. Il y a des exemples de réussites, et des exemples d'échec. "Mais on ne peut pas tirer de conclusion globale." Quant au débat concernant le retrait de la nationalité aux deuxième et troisième génération, le bourgmestre schaerbeekois le qualifie de "purement symbolique, car aucun candidat terroriste ne va modifier son attitude selon qu'on lui retire, ou non, sa nationalité. C'est symbolique pour ceux qui veulent agiter des hochets et cela ne va pas résoudre les problèmes sur le terrain."

HM

 

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK