Bernard Arnault renonce à devenir belge

Bernard Arnault retire sa demande de naturalisation belge
Bernard Arnault retire sa demande de naturalisation belge - © AFP

L'homme d'affaires français Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, retire sa demande de naturalisation. Il se sent "incompris". Le président de la commission des naturalisations de la Chambre, Georges Dallemagne se dit "surpris" dans La Libre.

Le patron du groupe LVMH a lancé en juillet dernier une demande de naturalisation auprès du parlement belge. Ce retrait est motivé par "l'incompréhension" qu'il a ressentie à la suite de sa demande, ainsi que par le fait que "sa volonté de lever toute équivoque n'a pas rencontré le succès" escompté.

"J'avais, je pense, des chances importantes d'obtenir la nationalité belge", croit pourtant savoir Bernard Arnault.

Bernard Arnault, qui affirme sa volonté de se recentrer sur le développement économique de la France et de s'éloigner des remous médiatiques provoqués par l'annonce de sa demande de naturalisation, assure que sa décision n'aura aucune conséquence sur "ses nombreux liens avec la Belgique, tant sur un plan personnel que professionnel", selon son groupe. Il n'y aura donc aucune conséquence sur le développement des marques du groupe en Belgique, a précisé LVMH.

Avis négatifs

Bernard Arnault avait fait l'acquisition d'une résidence à Uccle et comptait conserver la nationalité française tout en se faisant naturaliser belge.

Il a mis en place en Belgique une fondation privée destinée à planifier sa succession, Pilinvest. Première fortune française, il a amassé près de 4 milliards d'euros d'actifs en Belgique par le biais de 12 sociétés et de cette fondation, d'après les chiffres de la Banque nationale. 

Tout indiquait que Bernard Arnault tentait ainsi d'échapper à certaines mesures fiscales en France, comme la taxe de 75% sur les grosses fortunes, même s'il a prétendu le contraire. Le quotidien français Libération avait titré "Casse-toi, riche con!", s'attirant une plaine du milliardaire.

Le groupe LVMH réfute tout amalgame potentiel avec les plus récentes affaires d'évasion fiscale en France (affaire Cahuzac) ou de par le monde (Offshore Leaks). Bernard Arnault a lui-même toujours affirmé que sa demande de naturalisation belge était motivée par des raisons patrimoniales, pour éviter des querelles familiales.

La fondation qu'il a créée en 2008 en Belgique pour assurer la pérennité du groupe en cas d'accident "conserve son objet", dit-il au Monde, même si elle devient plus fragile dès lors que Bernard Arnault n'a pas la nationalité belge, reconnaît-il. "Je préfère cette relative fragilité - et je fais confiance à ma famille pour rester unie, comme elle l'est aujourd'hui - plutôt que d'être assimilé à un exilé fiscal".

Outre le Parquet, l'Office des Etrangers ainsi que le ministère de l’Intérieur avaient envoyé des avis négatifs au parlement. La Sûreté de l’Etat, quant à elle, n’avait pas trouvé d’éléments négatifs dans son dossier.
 
Georges Dallemagne s'étonne

Dans La Libre, le président de la commission des naturalisations se dit "un peu surpris". car la procédure administrative est bouclée. Georges Dallemagne suppose que "sa décision vient davantage de la polémique née en France et des risques d'y voir l'image de son groupe ternie. La procédure belge n'est pas extrêmement lourde mais elle est sérieuse", dit-il.

Il note aussi que la question de la nationalité n'a pas vraiment d'impact sur les rentrées fiscales espérées: l'essentiel de la fiscalité dépend en effet du lieu de résidence.


Avec Belga

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