Benoît Lutgen (cdH) sera tête de liste à l'Europe: "C'est un choix de conviction"

C’est la fin du suspense au cdH. Benoît Lutgen sera tête de liste pour les élections européennes. Un choix qu’il a défendu ce matin au micro de Rachel Crivellaro sur La Première. Pour l’ex-président du cdH, non, ce n’est pas un choix pour sauver les meubles centristes. « C’est un choix de passion par rapport à l’Europe. L’Europe influence au quotidien l’ensemble des décisions dans notre pays. 60% des décisions sont prises à l’Europe avant d’être appliqués chez nous. C’est aussi un choix par rapport à mon histoire politique et mes convictions. Je suis de Bastogne et engagé pour les droits humains parce que notre territoire a été fort impacté par la Seconde guerre mondiale. On a aussi connu les affres du populisme et du nazisme dans nos contrées. Or, depuis quelques années, il y a ces montées du populisme un peu partout en Europe. Elles doivent nous mobiliser comme démocrates, comme humanistes pour faire en sorte que l’Europe qui est un territoire de paix depuis 75 ans, le reste. Si je me présente aux élections européennes, c’est parce que cette paix est en danger », affirme Benoît Lutgen.

S’il est candidat à l’Europe, c’est également pour y défendre des projets. « J’ai été confronté comme ministre de l’agriculture à la réforme de la Politique agricole commune. L’agriculture reste un des enjeux les plus importants au niveau européen et doit rester nourricière pour l’ensemble de l’Europe. Quand on voit l’augmentation de 20 à 30% des suicides chez les agriculteurs dans notre pays, par rapport à des hommes et des femmes qui nourrissent la population, il y a comme une forme de désespoir qui peut intervenir Pour moi, nous devons porter une réforme de la PAC. »

Pour lui, pas question de considérer le Parlement européen comme les prémisses de la pension. « Non, c’est pour avoir une mobilisation totale sur les enjeux européens. Au-delà de l’agriculture, l’Europe revêt aussi les enjeux économiques, l’Europe Sociale, les droits humains, le climat, la réindustralisation de l’Europe, etc. Et L’engagement que je prends est de siéger mais aussi de faire entendre la voix humaniste des citoyens de notre pays au sein de l’Europe et également être présent sur le territoire belge pour expliquer, avec pédagogie, l’ensemble ces enjeux et justifier, les décisions que je prends en tant que député européen

C’est aussi un choix de mobilisation, car, pour le Bastognard, il est important de pouvoir dialoguer avec l’ensemble de la population belge et d’avoir ce lien de proximité avec eux pour leur expliquer quelle est la voix de l’Europe pour assurer la prospérité de tous. Il veut aussi profiter de son mandat, s’il est élu, pour réinstaurer la confiance entre les citoyens et les instances européennes.

Député européen et bourgmestre de Bastogne, incompatible ?

Au PS, Paul Magnette, tête de liste de son parti pour les Européennes, a d’ores et déjà annoncé que s’il était élu, il ne siégerait pas dans l’hémicycle européen, et ce afin d’assurer son mandat de bourgmestre de Charleroi. Pour le bourgmestre de Bastogne, pas question d’être inactif au sein du Parlement européen. « Je siégerai si je suis élu et je resterai bourgmestre de Bastogne. Si l’électeur me fait confiance, je porterai les valeurs du cdH au sein de l’Europe. », affirme-t-il.

Dans ce chapitre européen, il s’est exprimé sur l’annonce de Maxime Prévot de demander l’exclusion Viktor Orban du PPE (Parti Populaire Européen). « Je préfère que Viktor Orban soit exclu. J’ai déjà écrit au Président du PPE pour dire à quel point c’était gênant d’avoir Viktor Orban au sein du PPE, car il est opposé aux droits humains. Ses propos sont contre les valeurs fondamentales et historiques du Parti populaire Européen. Je suis issu du PPE de Michel Barnier, qui est un homme d’une grande qualité que j’ai eu à connaître au sein du Conseil de l’Europe, ou du PPE d’Angela Merkel, citez-moi un chef d’État européen qui a été plus courageux face à la crise migratoire, qu’elle. Il n’y en a pas un seul ! Je suis très fier de faire partie de ce groupe du PPE avec Michel Barnier et Angela Merkel. »

Enfin, Benoît Lutgen est revenu sur l’annonce du retour de Joëlle Milquet en tant que tête de liste à la région bruxelloise. « Ce n’est pas non plus un choix pour sauver les meubles. On connaît la passion de Joëlle pour Bruxelles depuis longtemps. C’est important que des personnalités comme elle s’engage pour Bruxelles. Jusqu’à présent, elle dispose de la présomption d’innocence. Joëlle a toute la confiance du parti. C’est un choix tout à fait bien pour Bruxelles. »

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