Benoît Lutgen, président du cdH: "Notre parti n'est pas en train de virer à droite"

Benoît Lutgen, président du cdH
Benoît Lutgen, président du cdH - © RTBF

Interrogé dans Matin Première au lendemain du congrès au cours duquel le cdH a adopté son programme en vue des communales, Benoît Lutgen explique pourquoi il invité ses élus à présenter des listes sans logo: "Aujourd'hui il faut s'ouvrir à des sensibilités différentes, au monde associatif, à la société civile pour former une équipe qui permet d'avoir des projets les plus humains possibles".

Certains mandataires du cdH, dont l'eurodéputé Claude Rolin, ont critiqué l'opération lancée le 19 juin par le président de son parti, qui a décidé de ne plus être en coalition avec le PS. Selon eux, le cdH a viré à droite, et cela les dérange. "Notre parti n'est pas en train de virer à droite. Notre programme, notre projet et nos valeurs sont exactement les mêmes".

Certains reprochent à Benoît Lutgen de tout décider tout seul. Y a-t-il des problèmes internes au cdH? "Je ne vais jamais vous dire qu'il n'y a aucun problème, mais la participation est très forte: suite à des dizaines de rencontres au sujet des propositions (pour le scrutin communal) 350 amendements ont été décidés".

"Les lignes ont bougé"

La décision de couper les ponts avec le PS n'a pas réussi en Région bruxelloise ni en Fédération Wallonie-Bruxelles. Avec le recul, Benoît Lutgen estime que ce n'est pas un échec: "Je vois ça comme une réussite. En Fédération Wallonie-Bruxelles ou à Bruxelles, des lignes ont bougé: on va enfin pouvoir parler du décret inscriptions, le revoir, et faire en sorte qu'il y ait encore plus de places dans les écoles. Voilà un dossier qui est débloqué même s'il n'y a pas eu de changement de majorité. A Bruxelles, voyez les améliorations qui peuvent intervenir en matière de gouvernance".

Le cdH gouvernera-t-il un jour avec la N-VA? "On me pose tout le temps cette question. Et je réponds toujours la même chose: non! Avant les élections de 2014 j'ai indiqué clairement que notre formation politique ne souhaitait pas faire d'alliance avec la N-VA. J'ai rencontré monsieur De Wever à plusieurs reprises, j'ai fait le constat qu'il n'était pas possible de gouverner ensemble, notamment sur le dossier de la SNCB".

Benoît Lutgen appelle à un changement de majorité à la Ville de Bruxelles: "Voyez tous les dossiers qui sont en rade dans cette commune. Je pense au piétonnier, c'est catastrophique pour les commerçants et l'image de marque que cela donne de la ville. Le Stade national est maintenant enterré, avec des liens un peu particuliers qui ont été mis en avant. Ou les émeutes qui ont eu lieu ces dernières semaines. Je pense qu'il y a besoin d'une vraie alternative, avec toutes les formations politiques qui ont envie d'apporter ce changement nécessaire pour les Bruxellois et pour tout notre pays".

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