Benoît Lutgen: le confédéralisme de Bart De Wever, "élixir du Dr Mabuse"

Benoît Lutgen dans L'Indiscret
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Benoît Lutgen dans L'Indiscret - © RTBF

Invité de "L'Indiscret" à la RTBF, le président du cdH Benoît Lutgen estime que la N-VA est dangereuse pour la Belgique. Si la Flandre choisit le séparatisme, cela sera sans Bruxelles, prévient-il. Il regrette le "terrorisme intellectuel" qui interdit aux francophones de critiquer la N-VA.

Interrogé par Thomas Gadisseux, le président du cdH Benoît Lutgen trouve "choquant" la création par la reine Fabiola de la fondation "Fons Pereos" afin de protéger son patrimoine. Il faudrait peut-être modifier la législation de 2002 réglant ce type d’institution, selon lui : "Une fondation doit avoir un but d’intérêt général, ni plus ni moins". Il rappelle que le sénateur cdH Francis Delpérée a proposé il y a plusieurs mois de réduire "de façon importante" la dotation de la reine Fabiola. Benoît Lutgen demande aussi une meilleure transparence des comptes : il faut "que la dotation corresponde à la représentation de l’Etat, à l’intérêt général. Mais pas au-delà".

"L’élixir du Dr Mabuse"

Le président de la N-VA Bart De Wever demande que l’on mette en place le confédéralisme en Belgique dès 2013. Benoît Lutgen estime que la N-VA est dangereuse pour le pays : "C’est l’élixir du Dr Mabuse, le confédéralisme que propose Bart De Wever. C’est la volonté de la fin de la Belgique. C’est aussi la volonté du populisme qui serait mise en avant". Selon lui, "on vit dans un monde de terrorisme intellectuel, de pensée unique. L’article premier des statuts de la N-VA propose le séparatisme, mais on ne peut pas dire que c’est un parti dangereux pour la Belgique. Si on ne peut plus dire la vérité et mettre en avant nos convictions et nos valeurs parce que cela risque de doper les scores électoraux de la N-VA, croire que le cdH sera muet par rapport à la lutte contre le populisme et l’extrémisme, ce sera sans moi".

"C'est nuts"

Le président du cdH "ne discute pas les scores électoraux de la N-VA. Si demain la Flandre choisit le séparatisme et la N-VA, je peux déjà dire à Bart De Wever : cela sera sans Bruxelles. C’est ‘nuts’ : on peut encercler Bruxelles tant qu’on veut, il y a 95% de francophones à Bruxelles et ils doivent être respectés". Si Bart De Wever veut le séparatisme, on peut aussi rediscuter des frontières régionales actuelles et il faudra partager de manière proportionnelle la dette de Bruxelles, poursuit Benoît Lutgen : "On a parfois l’impression que les francophones sont comme des lapins devant des phares flamingants qui devraient se laisser écraser par une espèce de bulldozer. C’est non".

Le président du cdH a donné son avis sur le projet du ministre Marcourt de porter à 5 ans (au lieu de 3 actuellement) les études des instituteurs. Benoît Lutgen s’y oppose : "On ne va pas augmenter de 40% le coût pour les familles des études supérieures. Ni le coût pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Par contre, avoir pendant les deux années qui suivent les études une espèce de tutorat avec des enseignants plus âgés qui ont l’expérience et qui accompagnent les jeunes pendant, ça oui. Et mille fois oui pour qu’ils soient pleinement dans la transmission du savoir".

A.L. avec T. Gadisseux

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