Benoît Lutgen: la crise, un "spectacle indigne du monde politique"

Invité de Jeudi en Prime, le président du cdH a été le premier à être reçu par le roi Philippe, lorsque celui-ci a lancé ses consultations après la démission du gouvernement fédéral. Ce jeudi, Benoît Lutgen en appelle à l'intérêt général : "il faut que chacun retrouve la raison et qu'on puisse fixer une feuille de route la plus réduite possible mais la plus forte en ambitions, pour le pouvoir d'achat, notamment une réduction de la TVA sur l'électricité, sur le chauffage de mazout."

Pour le dirigeant humaniste, les affaires courantes vont "s'imposer". Selon lui, il n'y aura pas d'élections anticipées, même si on ne peut pas totalement "l'exclure". Benoît Lutgen est sévère et juge la séquence politique actuelle comme un "spectacle indigne du monde politique".

Ecolo, c'est "particulier"

Le président du cdH s'est exprimé de façon posée, mais sans retenir quelques coups - la campagne est déjà lancée -  vers deux adversaires politiques : le PS et surtout Ecolo. Après le discours de Charles Michel, qui a tendu la main vers l'opposition, Benoît Lutgen se montre critique envers les deux partis : "Je trouvais intéressant, au minimum, [ce discours], ce n'est pas rien qu'un Premier ministre reconnaisse ce qu'il a reconnu. (...) Je trouve ça dommage que cette forme de main tendue se soit transformée en motion de défiance [cosignée par Ecolo et le PS]. On ne laisse même pas le temps de... Il y avait un espace de lumière, il était étroit, je suis d'accord et on peut douter de la sincérité de celui qui porte ça, après un bilan comme celui-là." À propos d'Ecolo, le président du cdH qualifie de "particulier" le comportement du parti vert alors "qu'on veut répondre aux urgences climatiques". 

Sans le dire explicitement, Benoît Lutgen indique qu'il semblait prêt à soutenir Charles Michel après le discours de celui-ci : "N'est-ce pas plus intéressant de dire, 'allez chiche', on va le faire ? Parce que c'est plus important pour les Belges que pour notre petite formation politique, que ça va répondre aux besoins de pouvoir d'achat." Le démocrate-humaniste cite également les soins de santé, le climat, la concertation sociale. "Il reste que quelques mois. Ces mois peuvent être dramatiques et coûter cher aux citoyens belges."

Le départ de la N-VA ? "Tant mieux"

Benoît Lutgen rend, à nouveau, hommage à Charles Michel - on a pourtant connu les deux hommes à couteaux tirés il y a quelques années - lorsqu'il s'agit d'évoquer la N-VA : "J'ai été le seul à refuser de rentrer dans ce gouvernement MR-N-VA [en 2014]. Une formation politique séparatiste, nationaliste, et pour partie, à l'époque, extrêmeLe gouvernement s'est débarrassé de la N-VA et c'est tant mieux. Je salue le Premier ministre, le CD&V et l'Open VLD." Plus que jamais, pour le président du cdH, c'est "sans la N-VA". A voir si l'électeur (flamand) permettra des alternatives politiquement viables pour mettre sur pied une majorité sans le parti qui compte, actuellement, le plus grand nombre de sièges à la Chambre.

 

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