Benoît Lutgen: "Je n'ai pas dit 'M. Ducarme est un collabo'"

Benoît Lutgen: "Je n'ai pas dit 'M. Ducarme est un collabo'"
Benoît Lutgen: "Je n'ai pas dit 'M. Ducarme est un collabo'" - © Tous droits réservés

Dans la série "Je n’ai pas dit", voici un nouvel épisode. "Collabo !" Le mot a été lancé dans l’hémicycle mercredi par Benoît Lutgen à l’encontre du libéral Denis Ducarme. Ce jeudi soir dans "Jeudi en Prime", le président du cdH Benoît Lutgen précise qu’il parlait de la collaboration du MR avec la N-VA. "Charles Michel s'est pris lui-même à la gorge".

Après l’émotion, les précisions. "Il n’est pas question de considérer le MR comme un parti d’extrême droite, je n’ai jamais dit cela".

Benoît Lutgen, président du cdH, a pourtant eu des mots forts durant les débats de ces dernières heures au parlement.

Pourquoi un démarrage si violent ? Certains se laisseraient-ils envahir par l'émotion ? "J'ai utilisé le terme 'collabo' pour dire que le MR avait décidé, contrairement à ses engagements pré-électoraux, de collaborer, de s’associer avec la N-VA".

Le président du cdH avoue que parfois "l’émotion peut l’emporter", mais c’est parce que, dit-il, "on touche à nos valeurs fondamentales : la liberté d’expression, la lutte contre la xénophobie, la lutte contre le racisme".

Le cdH n'en démord pas, l’incident n’est pas clos. "La sérénité pourra revenir lorsque Theo Francken aura quitté le gouvernement belge ".

Foutaises !

Après l’émotion, les excuses. Ce jeudi après-midi, le parlement s’est calmé durant quelques secondes. Le temps d’écouter Theo Francken le secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations présenter ses excuses.

"On connaît la technique", fulmine Benoît Lutgen. "On ne dit pas –Je condamne-, c’est plus subtil !" 

"M. Francken a dit : - Si j’ai heurté certaines personnes, je le regrette-, c’est une formule qui n’est pas acceptable ! ".

Que penser du grand absent de ces débats ? Bart De Wever, le président de la N-VA, est en mission économique en Chine alors que deux de ses membres sont sous le feu de l'opposition. "C’est lui qui communautarise le problème. Il parle de 'foutaises francophones'. C’est une claque pour les francophones !"

 

Vous voulez des bonnes mesures ?

"Il y a des bonnes choses dans l’accord de gouvernement", admet Benoît Lutgen. Des exemples ? "La réduction des charges pour les entreprises, les facilités qui sont accordées aux personnes qui ont un enfant malade".

Mais il y a des choses "insupportables", s’empresse de préciser le président du cdH. "Pour la classes moyennes et les PME !"

Pour Benoît Lutgen ce "gouvernement MR-N-VA" multiplie "les freins pour l’emploi". "Ce qui est révoltant c’est qu’on ne touche pas aux intérêts notionnels ! 6 milliards ! Mais par contre on impose aux entreprises la prise en charge des deux premiers mois de congé de maladie".

Comment revenir à la sérénité ? Charles Michel fera-t-il un bon Premier ministre ? "Je l’espère" conclut Benoît Lutgen. Tout en précisant : "Charles Michel s’est pris lui-même à la gorge. C’est lui-même qui a décidé de s’allier avec les séparatistes de la N-VA."

La troisième journée de débat s'achève à la Chambre. La pression sur le gouvernement n'est toujours pas retombée.

Thomas Gadisseux

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