Benoit Hellings à propos de Jan Jambon: "Ce n'est pas à un ministre de critiquer un avocat"

Jan Jambon et la N-VA instrumentalisent le procès Abdeslam pour détricoter l’Etat démocratique, et le rapport du CGRA conclut clairement aux manquements de la Belgique à la Déclaration européenne des droits de l’Homme. A propos du traitement des déchets nucléaires, il faut éviter de les enfouir de manière irréversible, et le bon choix concernant le remplaçant du F-16 et de... ne pas le remplacer. Tels sont les arguments du député fédéral Ecolo Benoit Hellings, invité de Jacques Cremers sur le plateau de Matin Première.

Pour Le député fédéral, la critique émise par le ministre de l’Intérieur Jan Jambon après la plaidoirie de l’avocat de Salah Abdeslam n’est qu’une nouvelle illustration de la manière dont la N-VA conteste chaque article de la Constitution. "Quand on est ministre, on n'enfreint pas ce principe. Je fais partie d’un pouvoir législatif et je n’ai rien à dire sur ce que fait le pouvoir judiciaire. Que Jan Jambon se taise. Point… L’affaire est en cours et, même si Salah Abdeslam a fait des choses abominables, ce n’est pas à un ministre à critiquer un avocat."

L’utilisation d’Abdeslam à des fins politiques

Benoit Hellings reproche à la N-VA de remettre systématiquement en cause l’Etat de droit. Et plus particulièrement l’inviolabilité du domicile (article 15 de la Constitution) et l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme. "L’objectif de la N-VA est d’avoir une société extrêmement fermée que rien n’arrête. Jan Jambon a trouvé le moyen efficace de faire valoir son programme au détriment d’une personne détestée par la population (ndlr: Salah Abdeslam)."

La double lecture du rapport du CGRA

La lecture que fait le gouvernement du rapport du Commissariat général des Réfugiés et Apatrides (CGRA) conclut à une bonne gestion du dossier soudanais. Une "analyse" que ne partage pas l’élu Ecolo. "Pendant deux heures, avant que le Parlement n’ait accès au document, le gouvernement (fédéral) a communiqué sur le fait que Francken n’avait commis aucune erreur. Mais on constate, dans ce rapport, que la Belgique, jusqu’à présent, ne respecte pas l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme qui précise qu’un Etat démocratique ne peut pas prendre le risque de renvoyer un individu dans un pays où il risquerait de subir des mauvais traitements."

Benoit Hellings reconnaît que l’enquête du CGRA n’a pas totale confiance dans les témoignages recueillis, mais rappelle que le rapport qui a été demandé par le Premier ministre au CGRA visait à déterminer si la Belgique avait bien respecté l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme. Et le député écolo assure que ce n’est pas le cas. "Le gouvernement a fauté et Charles Michel dit qu’il va falloir changer des choses."

Tout ça pour moins de 20 personnes

Benoit Hellings dit aussi s’étonner que pour moins de 20 personnes, la Belgique a pris le risque d’enfreindre la loi, alors que la situation au Soudan est connue de tous: "Le Soudan a changé son directeur des renseignements qui est encore plus sanguinaire (que le précédent). La police politique du Soudan travaille ‘plein pot’ pour enfermer des gens. On peut donc attendre un peu avant de renvoyer des gens dans ce pays."

Déchets nucléaires: pas de solution irréversible

L’Ondraf (Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies) est chargé de la rédaction d’un rapport sur le traitement des déchets nucléaires. Pour le député Ecolo, le choix de les enfouir de manière définitive et de manière irréversible est déjà pris. "Ecolo dit depuis le début que les déchets vivront plus d’un million d’années. Est-ce responsable? Non. Il y a quelques années ont été enfouis des déchets dans la mer. Heureusement on ne le fait plus. Mais pour l’avenir, nous pensons que les déchets doivent être enfouis de manière réversible pour pouvoir, demain, ou dans 1000 ans les retrouver et les rendre moins dangereux pour les générations futures".

Le remplaçant du F-16? Quel remplaçant?

Mercredi on connaîtra les meilleures offres pour les avions (Eurofighter ou Lockheed Martin) en vue du remplacement du F-16 en fin de vie. Pour le député Ecolo, la sécurité ou les retombées économiques ne sont pas de bons critères de choix. La meilleure option, selon lui, est "de ne pas acheter ces avions de 15 à 20 milliards d’euros sur 40 ans. Imaginez le nombre de RER qu’on pourrait acheter avec cette somme. Le gouvernement doit pouvoir appliquer un des articles du cahier des charges pour pouvoir arrêter le marché."

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