Bénédicte Linard : "Le comité de concertation du 23 avril sera un moment fondamental pour le secteur culturel"

Beaucoup d’attentes, beaucoup de regrets, de la déception, de la colère… Le secteur culturel n’était clairement pas à la fête à l’issue du dernier comité de concertation. Le seul "Plan plein air" comme perspective ne convient, tant s’en faut, pas à tous. "J’ai un peu l’impression d’être dans l’Histoire sans fin", reconnaît Bénédicte Linard, ministre Ecolo en charge de la Culture en Fédération Wallonie Bruxelles, interrogée dans Matin première par Thomas Gadisseux.

"Mais je veux retenir la date du 23 avril, le prochain comité de concertation", dit-elle, où on parlera culture. "C’est important, on travaille depuis des mois à ce qu’on puisse rouvrir les secteurs encore fermés. Je rappelle qu’une partie a pu rester ouverte, malgré la trêve pascale, puisque les musées ont rouvert. Ce 23 avril sera un moment fondamental, pour l’été mais aussi pour la reprise en intérieur. On n’a rien entendu à ce dernier sujet. En revanche, "j’ai entendu qu’on avait maintenant le feu vert pour des expériences pilotes […] on en a prévu 6, avec l’idée de tester différentes formules : extérieur, intérieur, différentes modalités, différentes jauges".


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Car on a bien avancé depuis plusieurs mois, dit-elle encore, "on a désigné la société qui va coordonner tout ça. Si j’ai l’autorisation, on peut y aller. On a différentes expériences prévues : on a Namur en mai, mais aussi des concerts en intérieur, debout ou assis, tout ça doit être testé et c’est aujourd’hui dans notre escarcelle".

Important d’explorer toutes les pistes

Même si l’option de spectacles en extérieur avec seulement 50 spectateurs laisse le secteur plus que dubitatif, la ministre insiste "si c’est en deçà de propositions que nous avons mises sur la table, j’ai tout de même envie d’envoyer un message vers le monde culturel pour dire que c’est important d’explorer cette piste malgré tout. Cela pourra soutenir quelques artistes, tout de même, dans le domaine des arts de la rue notamment. Je pense qu’il faut récréer le lien avec le public".

Quoi qu’il en soit, Bénédicte Linard estime qu’il y a moyen d’aller vers le Codeco avec des propositions plus larges.

La ministre "comprend" les désobéissances civiles

Et la ministre dit "comprendre les désobéissances civiles" (Still Standing for Culture, par exemple) "car le secteur culturel mène des actions dans le respect des règles sanitaires, et on doit pouvoir le mettre en avant. L’impatience du secteur est légitime ! Ça fait un an qu’on travaille ensemble à mettre en place des protocoles […] aujourd’hui j’entends le Premier ministre, et c’est peut-être quelque chose de nouveau, dire qu’on va passer à une gestion du risque, et plus de crise, c’est exactement ce que le secteur demande depuis longtemps : les manifestations qui existent aujourd’hui, je pense qu’elles sont légitimes".

Aujourd’hui il faut qu’on tranche

Pour l’été, on n’aura pas d’événements de plus de 10.000 personnes dit encore Bénédicte Linard. "Mais des propositions sont sur la table et aujourd’hui il faut qu’on tranche. C’est important qu’il y ait des événements musicaux, ou autre pendant l’été. Alors, bien sûr avec des jauges plus réduites, avec des bulles saines, des publics qui ne se rencontrent pas… Le travail a avancé, avec toujours l’espoir, d’avoir le plus de public possible, même si ce sont des événements alternatifs".

En matière de santé, autre compétence de Bénédicte Linard, "ce qui se passe dans les écoles", note-t-elle, "c’est le reflet du reste de la société. On continuera de surveiller étroitement les écoles, ce ne sont pas les moteurs de l’épidémie, mais le virus y circule comme ailleurs".

Et Bénédicte Linard conclut en saluant le travail du milieu extrascolaire "qui depuis un an, n’a jamais fermé, lui!"

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