Bénédicte Linard (Ecolo) sur le salaire de Jean-Paul Philippot : "Il y a en effet un manque de transparence"

Benedicte Linard (Ecolo) : "Je me réjouis que le gouvernement a pris une décision si rapide et aussi forte"."
Benedicte Linard (Ecolo) : "Je me réjouis que le gouvernement a pris une décision si rapide et aussi forte"." - © Tous droits réservés

Les révélations de la presse sur un manque de transparence autour du salaire de l’administrateur-général de la RTBF, Jean-Paul Philippot, l’ont poussée à commander une série de rapports pour faire toute la lumière sur ce dossier. Aujourd’hui, la ministre des Médias, Bénédicte Linard (Ecolo) a obtenu ses réponses.

Les rapports des commissaires de Gouvernement et de la cellule d’audit interne de la RTBF ont tranché. Ils confirment un dépassement du plafond cumulé d’environ 60.000 euros de 2014 à 2018, ainsi qu’un non-respect de l’obligation de publication des rémunérations dans le rapport annuel d’activités. Conséquence : l’administrateur général de la RTBF est prié de rembourser ce trop-perçu.

Alors l’incident est-il clos ?

"Il y avait matière à faire la clarté sur le système de rémunération et aujourd’hui c’est fait, il y a un plafonnement qui sera mis en place à 245.000 euros tout compris. L’incident est clos, les commissaires ont fait la clarté et le gouvernement a pris des décisions pour que cela n’arrive plus dans le futur", explique la ministre des Médias.

Le gouvernement pointe d’une part les responsabilités internes dans l’élaboration et la validation du rapport annuel et, d’autre part, la responsabilité fonctionnelle de l’administrateur général dans son rôle de représentation de l’entreprise. Concernant les responsabilités internes pointées, le gouvernement demande au conseil d’administration du média public de prendre attitude, en application des règles internes à la RTBF.

Autrement dit, "de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter à l’avenir ce genre de dysfonctionnements" et la ministre annonce "que des sanctions seront prévues dorénavant en cas de manquement aux règles internes de l’entreprise. Le gouvernement renvoie au Conseil d’administration de la RTBF le fait de se saisir de ces questions".

Rembourser le "trop-perçu"

En conséquence, sur LA base de ces deux rapports, le gouvernement demande à l’administrateur général – via le conseil d’administration de la RTBF – le remboursement du "trop-perçu" pour la période 2014-2018. "Il y a eu une erreur de calcul, c’est un peu comme un enseignant à qui ont à trop verser d’argent et à qui on demande de rembourser" détaille Benedicte Linard. En outre, elle estime que "la rémunération globale pour l’année 2019 devrait être également revue à la baisse, en réduisant la potentielle part variable de manière à ne pas dépasser le plafond du contrat".

Le gouvernement pointe par ailleurs les responsabilités internes, dans l’élaboration et la validation du rapport annuel et d’autre part, la responsabilité fonctionnelle de l’administrateur général dans son rôle de représentation de l’entreprise. Concernant les responsabilités internes pointées, le gouvernement demande au conseil d’administration du média public de prendre attitude, en application des règles internes à la RTBF.

Pour la ministre "il y a en effet un manque de transparence. Les montants perçus ne sont pas les montants communiqués, c’est un souci et il faut faire en sorte que cela n’existe plus dans le futur"Autrement dit, "de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter à l’avenir ce genre de dysfonctionnements. Je me réjouis que le gouvernement a pris une décision si rapide et aussi forte".

Quid de la procédure de renouvellement du mandat de l’administrateur général ?

"Si les rapports pointent donc des dysfonctionnements, ils n’épinglent pas de faute personnelle dans le chef de l’administrateur général, rien qui ne puisse donc entraver la poursuite du renouvellement du mandat de Jean-Paul Philippot, candidat à sa propre succession", ajoute la ministre. Jean-Paul Philippot a par ailleurs déjà annoncé qu’en cas de reconduction de son mandat, il se plierait aux exigences du nouveau décret "RTBF" qui plafonne désormais le salaire de l’administrateur général à 245.000 euros, hors indexation. "C’est un montant tout à fait respectable, et nous nous sommes basés pour fixer ce chiffre sur le futur décret gouvernance qui arrive dans quelques mois et qui concernera alors l’entièreté de la Fédération Wallonie Bruxelles", poursuit la ministre qui reconnaît la forte concurrence du secteur des médias et la différence de salaire avec le secteur privé.

Par ailleurs, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a émis ce jeudi un avis favorable au renouvellement de Jean-Paul Philippot à la tête de la RTBF. Cette décision fait suite à l’audition de l’administrateur général de l’entreprise publique le 14 janvier dernier.

Nouveaux objectifs ?

La ministre annonce aussi que "le gouvernement a souhaité à l’occasion de ce renouvellement de mandat que soient redéfinis les objectifs stratégiques de l’administrateur général. Pour que ceux-ci soient plus en accord avec les envies du gouvernement et les défis actuels. La dernière lettre de mission de l’administrateur général, date de 2002, il faut actualiser cela".

Et quid du limogeage très politique du patron de la VRT ?

Le gouvernement flamand a décidé lundi de remercier le CEO de la VRT, Paul Lembrechts, en raison d’une "profonde crise de confiance" qui sévissait au sein de la direction de la radiotélévision publique flamande. Attaques récurrentes contre la chaîne, immixtion dans sa programmation, restrictions budgétaires… La VRT est dans l’œil du cyclone.

Bénédicte Linard rassure : "En Fédération nous avons fonctionné autrement. En Flandre on a réduit les budgets et dit de fonctionner dans ce cadre. En Fédération on ne touche pas au budget et on essaye de fonctionner avec les différents secteurs de la manière la plus efficace possible. Et si on supprime la publicité à certaines heures, on cherchera des pistes de financement complémentaires comme les GAFA qui actuellement n’interviennent pas assez dans le financement des politiques publiques".

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