Belges en Syrie: "L'extrémisme est nourri par l'échec de l'intégration"

Belges en Syrie: "L'extrémisme est nourri par l'échec de l'intégration", selon Charles Michel
Belges en Syrie: "L'extrémisme est nourri par l'échec de l'intégration", selon Charles Michel - © RTBF

Invité sur le plateau de "L’indiscret" ce dimanche, le président des libéraux francophones Charles Michel, a estimé que le départ de jeunes Belges en Syrie montrait que "le MR avait raison depuis longtemps sur ce sujet". "Nous avons demandé depuis plusieurs années des parcours d'intégration", rappelle-t-il, estimant qu’il y a "des liens" entre extrémisme et échec de l’intégration.

Dans le dossier des mercenaires belges qui s’en vont combattre en Syrie, le député MR Denis Ducarme a tiré à boulets rouges sur la ministre de l’Intérieur.  "Elle parle de prévention et implore les jeunes à ne pas partir combattre. Dans ce dossier, on n’a pas besoin d’une assistante sociale!", a déclaré l’élu libéral à propos de Joëlle Milquet.

Le président du MR, lui, dit ne pas vouloir de "polémique personnelle", mais soutient son député sur toute la ligne dans sa critique de son partenaire de gouvernement. "Les parlementaires sont en droit et en devoir d'exiger du gouvernement (auquel participe le MR, ndlr) des réponses fortes à la hauteur des enjeux", a simplement constaté le bourgmestre de Wavre.

S’il précise qu’il n’aurait pas utilisé le même vocabulaire que Denis Ducarme, Charles Michel estime cependant que sur le fond des choses, le député a raison. "Sur le fond oui, je crois qu'il faut combattre toutes les formes de radicalismes. Ces jeunes Belges qui partent en Syrie, c'est un symptôme qui montre que le MR avait raison depuis longtemps sur ce sujet".

Pour l’interlocuteur de Thomas Gadisseux, "il y a depuis des années en Europe le développement d'une forme de radicalisme, d’extrémisme qui nourrit le terrorisme et qui peut nourrir l'insécurité. Il faut y répondre avec des actes", estime l’ancien ministre fédéral.

Il faut, souligne-t-il, "sanctionner pénalement, le fait d'aller s’entraîner à l'étranger dans un camp terroriste". "Il faut contrôler de manière plus forte les appels, notamment sur internet, à la haine et au jihad".

"Nous avons demandé depuis plusieurs années des parcours d'intégration", rappelle encore le chef de file du MR. Alors que Thomas Gadisseux lui fait remarquer que l'intégration et les mercenaires en Syrie sont deux dossiers distincts, Charles Michel rétorque qu'il pense, au contraire, "qu'il y a des liens". "Ce qui peut nourrir l'extrémisme et le radicalisme, c'est le fait qu'il n'y a pas suffisamment d'intégration réussie". "Lorsque des personnes nous rejoignent il faut les accompagner, les inciter à rejoindre les valeurs fondamentales de la Belgique: le respect de l'Etat de droit, de la démocratie, de l'égalité entre les hommes et les femmes.. Sur ces sujets-là, on ne peut pas transiger", martèle l'élu brabançon.

Ju. Vl.

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