Belges en Syrie et prévention de la radicalisation: des mesures actées au kern

Un plan contre le départ des jeunes Belges en Syrie présenté au conseil des ministres
Un plan contre le départ des jeunes Belges en Syrie présenté au conseil des ministres - © BELGA PHOTO OLIVIER VIN

Le gouvernement fédéral a pris acte des mesures présentées par la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet, pour lutter contre les départs de jeunes militants vers la Syrie. Dans la foulée, la vice-Première ministre a également présenté une note globale de "prévention de la radicalisation violente".

Le gouvernement a pris acte des mesures présentées par la ministre de l'Intérieur, sans pour autant reprendre la totalité de celles-ci, la mesure relative au retrait de la carte d'identité, préconisée par la vice-première cdH, a par exemple été abandonnée.

Des points repris par le conseil restreint des ministres, il se dégage que le gouvernement a choisi de s'appuyer sur la loi antiterroriste existante et sur un renforcement des contrôles aux frontières de l'espace Schengen.

Les mesures de contrôle et de vigilance seront ainsi renforcées au dites frontières afin, notamment, d'empêcher que des mineurs non accompagnés puissent partir, par terre ou par les airs, combattre en Syrie.
La collaboration avec les autorités turques sera également renforcée.
 
"Concernant les départs de jeunes en Syrie, la récente législation anti-terrorisme permet de prendre des mesures", a estimé le Premier ministre, Elio Di Rupo, résumant ainsi la tendance qui se dégage au sein du gouvernement.
 
Un "programme de prévention contre la radicalisation violente" également présenté
 
Dans la foulée des multiples informations sur le départ de jeunes militants vers la Syrie et au lendemain d'une vaste opération policière contre le mouvement Sharia4Belgium, le comité ministériel restreint s'est également saisi ce vendredi d'une note d'une vingtaine de pages de la ministre de l'Intérieur envisageant un programme de prévention de la "radicalisation violente" à développer avec tous les niveaux de pouvoir du pays.

"Le fait d'avoir des idées radicales n'est pas en soi un danger pour la cohésion sociale. Il le devient si ces idées recourent à la haine, au rejet de l'autre, comportant ainsi un potentiel de violence", a commenté la vice-Première ministre cdH au cours d'une conférence de presse.

Son programme envisage l'aspect préventif de la lutte contre la polarisation et la radicalisation violentes, considérés comme des "phénomènes de société".

En Belgique, les services de renseignement et d'informations policières jugent notamment problématiques les radicalisations violentes d'inspiration d'extrême droite, d'extrême gauche et celle véhiculée par un discours religieux, "notamment islamiste".

Outre une analyse approfondie du phénomène et des réponses potentielles, le programme comporte le projet d'un plan d'action contre les "frustrations susceptibles de constituer le terreau de la radicalisation", en particulier le chômage parmi les jeunes.

Le futur centre interfédéral d'égalité des chances aura un rôle majeur à jouer, de même que les pouvoirs locaux et leurs acteurs associatifs ou leur police de proximité.

Le programme passe aussi par l'accroissement de la "résistance des individus vulnérables" contre la radicalisation. Et ce notamment via les écoles et des cours spécifiques (un projet a été déposé auprès de la Commission européenne). "On remarque souvent que les jeunes qui se radicalisent ont avant tout la volonté de se sentir membres d'un groupe où il obtiennent reconnaissance et respect", a commenté Joëlle Milquet.

Les médias en général, et internet en particulier, seront impliqués. Détection et limitation des discours radicalisés s'accompagneront du développement d'une "stratégie nationale de contre-discours de nature à confronter les idées simplistes véhiculées par les discours radicaux".

Enfin, un volet du programme concerne la prévention de la radicalisation et la déradicalisation en prison.

RTBF avec Belga
 

La conférence de presse à l'issue du Conseil des ministres

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