Belges combattant en Syrie: pour Ducarme, "La radicalisation commence chez nous"

Membres de la bigade Hamza à Deir Ezzor, le 25 février 2013.
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Membres de la bigade Hamza à Deir Ezzor, le 25 février 2013. - © ZAC BAILLIE - AFP

Selon une estimation récente et confidentielle de la Sûreté, au moins 70 ressortissants belges se battent actuellement dans les rangs des rebelles en Syrie, a appris La Libre Belgique auprès de plusieurs sources proches du gouvernement et des services de sécurité. Le député MR Denis Ducarme déplore ce constat, et suggère une piste pour réduire le nombre de djihadistes belges.

"C'est une problématique connue" et prise en charge, réagit la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet (cdH).

La Sûreté refuse de confirmer cette estimation, évoquant un "phénomène mouvant, susceptible d'évoluer de jour en jour". Mais les sources contactées par La Libre se disent elles alarmées par le nouveau pôle d'attraction du djihadisme en Syrie et des conséquences qu'il aura lorsque ces combattants reviendront en Belgique.

Un expert belge du terrorisme estime que le nombre de Belges présents en Syrie est probablement plus élevé: "C'est plus facile d'aller en Syrie qu'en Afghanistan. Mais il faut rester prudent. Il y a des gens qui vont en Syrie pour se battre et d'autres qui veulent se faire prendre en photo avec une kalachnikov et faire le fanfaron à Bruxelles." Le porte-parole de la Sûreté de l'Etat confirme que cette dernière a "détecté depuis plusieurs mois le départ de ressortissants belges vers la zone de combat syrienne", ajoutant encore n'avoir pas connaissance de ressortissants belges partis se battre aux côtés des forces du président Bachar Al Assad.

"Je ne vais pas confirmer des chiffres, qui sont par ailleurs évolutifs", réagit la vice -emière ministre et ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet. Elle ajoute cependant que le problème existe bien, et qu'il est pris en charge par les institutions publiques concernées, chapeautées par l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (OCAM).

Ces initiatives sont confidentielles, dit la ministre, mais "c'est une problématique européenne, qui est la même en France et dans d'autres pays". Ce fut d'ailleurs l'un des sujets évoqués lors de la rencontre des ministres au Conseil européen, jeudi, précise-t-elle.

 

"La radicalisation commence chez nous, notamment dans nos prisons "

Selon le député MR Denis Ducarme, "l’Islam est aujourd’hui la première religion carcérale. Il y a des anciens dealers qui deviennent des leaders religieux et qui poussent un certain nombre de détenus au radicalisme." Pour lui on devrait mieux appliquer la loi de 1979 qui interdit d’aller combattre à l’étranger. "Nous avons les moyens légaux de lutter contre ces réseaux, de lutter contre ces Belges qui vont apprendre le terrorisme à l’étranger. Ils risquent de deux mois à deux ans de prison. Donc appliquons la loi et nous aurons moins de djihadistes belges."

RTBF avec agences

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