Bataille de chiffres autour du coût d'une grève générale

La manifestation du 2 décembre
La manifestation du 2 décembre - © Archive Belga/ERIC LALMAND

Combien coûte une journée de grève générale? Le patronat annonce une fourchette de 600 à 800 millions d'euros. Exagéré selon un économiste. Pas du tout, réplique la FEB qui dévoile tous ses chiffres.

Le lundi 30 janvier, ce sera grève générale. L'estimation du manque à gagner pour le secteur privé faite par la Fédération des entreprises de Belgique se situe entre 600 et 800 millions d'euros, sans parler de l'impact négatif de cette grève sur les investisseurs étrangers. 

Pour Jean Hindricks, professeur au département des sciences économiques à l'UCL, le patronat gonfle franchement les chiffres. En France, une journée de grève générale est estimée à 400 millions, dit-il. Si on ramène cela à l'échelle de la Belgique, cela fait 80 millions d'euros seulement, dix foix moins par jour donc.

Cette info, diffusée ce jeudi matin sur les antennes de la RTBF a fait bondir Pieter Timmermans, le directeur général de la FEB: "Tout le monde sait qu’aucune grève n’a jamais fait augmenter le produit intérieur brut d’un pays. Que du contraire. En tout état de cause, des travailleurs manqueront à l’appel dans les entreprises", écrit-il.

Pour expliquer l'estimation de 600 à 800 millions d’euros par jour de grève générale, la FEB se base sur trois variables : "Le produit national brut (actuellement 370 milliards d’euros), la part du secteur privé dans l’économie (70%) et le nombre de jours de travail sur une base annuelle (environ 240 jours). Ce qui donne un chiffre d’un peu plus d’un milliard d’euros  (1,079 milliard). Mais nous le révisons consciemment à la baisse pour atteindre 600 à 800 millions pour que l’on ne puisse pas nous accuser d’exagérer". 

La FEB ajoute que lors d'autres grèves des études, comme celle de la KUL ou encore celle du ministre de l’Economie, confirmaient ses estimations, ce qui est tout relatif dans la mesure où la FEB avançait des fourchettes toujours plus élevées, parfois deux fois plus élevées. ("La KUL avait estimé fin 2005 que la grève menée dans le cadre du Pacte des Générations avait coûté aux entreprises de 75 à 100 millions d’euros. La FEB avait à l’époque chiffré le préjudice à 150 millions d’euros. En octobre 2010, le ministre de l’Economie avait estimé la perte économique liée à une grève générale sur le rail à 70 millions d’euros. Ce calcul ne prenait alors en compte que l’impact de cette grève sur la longueur des files (donc sur les personnes forcées ce jour-là de se rendre au travail en voiture). De notre côté, nous avions estimé que la perte pour le secteur privé était de 100 à 150 millions d’euros".)

RTBF


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