Bart "Vador" ou le côté obscur du fédéral

Bart Vador ou le côté obscur du fédéral
Bart Vador ou le côté obscur du fédéral - © Tous droits réservés

En pointant sans nuance la communauté berbère, Bart De Wever est à l'origine d'une nouvelle polémique. Mais cette fois les libéraux tiennent à prendre leurs distances.

Bart De Wever fait rarement les choses par hasard. En fustigeant toute une communauté sans nuance, il est revenu à un amalgame que n’aurait pas renié un Filip De Winter, lors des plus belles années du Vlaams Blok.

Transfert de voix, transfert d’idées ?

Elio Di Rupo l’avait témérairement annoncé lors de son arrivée au 16 : le succès de sa majorité allait se mesurer à l’aune du recul de la N-VA. Le calcul de l’ex-coalition était celle-là : si CD&V/SP.A/Open VLD retrouvent une majorité en Flandre, c’est gagné, c’est que la N-VA aura enfin reculé.

Le soir du 25 mai, surprise, les trois partis flamands gouvernementaux progressent… mais la N-VA encore plus ! Explication : le parti de Bart De Wever a littéralement siphonné l’électorat du Vlaams Belang. A la Chambre, la N-VA gagnait 230.000 nouveaux électeurs là où le VB en perdait 260.000.

Cela était suffisant pour que les nationalistes forcent l’entrée des gouvernements flamand et fédéral, s’y imposant comme la force centrale. Devant ranger leurs ambitions communautaires, les nationalistes parvenaient à imposer leur agenda socio-économique. Mais la réalité politique et le poids de la concertation sociale allait sérieusement amender cette ambition très droitière.

Gardien de la tradition nationaliste

La N-VA n’est pas une construction immanente, elle est l’aboutissement et l’héritière du nationalisme flamand structuré dès les années 30 autour du VNV et du Verdinaso, un nationalisme ultra-droitier et généralement raciste. Le Vlaams Blok a gardé la nostalgie de cette époque, la Volksunie puis la N-VA ont tenté de s’en démarquer, au point tous les deux d’accéder au pouvoir " belge ".

Mais Bart De Wever a retenu les leçons de ce qui a conduit la Volksunie à sa perte et tient lui à garder un cap nationaliste traditionnel, malgré la participation au pouvoir fédéral.

Le président de la N-VA a ainsi bien soin de n’entrer dans aucun exécutif afin de ne pas ternir son image nationaliste, de chantre de l’indépendance flamande.

Depuis l’installation du gouvernement Michel, il n’a eu de cesse d’y veiller ne trouvant rien à redire sur les accointances de ses ministres avec l’extrême-droite ou les nostalgiques de la collaboration ni même quand Theo Francken dénigre les immigrations maghrébines ou congolaises. Tout comme il veille à ce que son parti soit dignement représenté au dernier rassemblement nationaliste vestige des années 30, cette Vlaams Nationaal Zangfeest martiale ou que le dialogue social et les syndicats soient considérés comme superfétatoires.

A chaque fois, la polémique une fois créée, Bart De Wever avait été défendu par Charles Michel ou le MR. Plus cette fois, un peu comme si les libéraux avaient compris le danger de se laisser entraîner du côté obscur du nationalisme flamand.

 

Philippe Walkowiak

 

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