Bart De Wever va choisir ses partenaires d'ici ce week-end, le sp.a d'accord de négocier

Même si officiellement la tonalité dans l’entourage du formateur flamand Bart De Wever reste la même – "Nous travaillons dans la discrétion et ne communiquons pas sur nos entretiens tant au niveau flamand qu’au fédéral" -, il y aurait de l’accélération dans l’air dans la formation d’un gouvernement au nord du pays. Après quasi un mois de "pause" volontaire, on apprend ainsi que Bart De Wever devrait choisir ses partenaires d’ici ce week-end ou pendant celui-ci.

A priori sans le Vlaams Belang

Pour le moment, l’extrême-droite flamande serait toujours bien conviée à un nouvel entretien avec le formateur Bart De Wever – l’un de ses négociateurs Chris Janssens l’a encore redit sur le plateau de "Ter zake" hier soir - mais entre une discussion de programmes ou être mis définitivement de côté, les observateurs penchent plutôt pour la deuxième hypothèse. Reste à emballer médiatiquement cette éviction alors que Bart De Wever avait promis de "tenir compte" de l’électeur Belang. Il lui faut à présent trouver les mots pour "lâcher" ce parti, deuxième parti de Flandre depuis les élections du 26 mai, devenu bien "encombrant"… 

Suédoise ou Bourguignonne ?

Bart De Wever avait mis, lui-même, un coup de frein au 1er juillet sur la formation flamande tant, disait-il, qu’il n’y voyait pas clair sur le fédéral – autrement dit savoir si la N-VA n’allait pas finir par être évincé par les autres partis flamands ; un temps d’arrêt qui lui a été reproché, tant par les autres partis associés à la discussion jusque-là, qu’en interne. Depuis, certains caciques du CD & V (Pieter De Crem) sont sortis du bois pour dire qu’ils refusaient un gouvernement fédéral minoritaire flamand et donc qu’il fallait négocier avec la N-VA ; l’Open Vld a fait savoir (Patrick Dewael notamment) qu’il refusait un gouvernement avec les Verts. De quoi rassurer, a priori, les nationalistes. On reprend donc les discussions au nord et Bart De Wever pourrait donc se choisir, dit-on, ses alliés au plus tard ce week-end.

En tranchant entre deux coalitions possibles: la "Suédoise" (N-VA-CD & V-Open Vld), solide (70 sièges sur 124 au Parlement flamand), ou la "Bourguignonne" (dite aussi "paars-geel", "violette-jaune") comme dans sa ville d’Anvers (N-VA-Spa-Open Vld), mais qui ne compterait, elle, qu’un seul siège de majorité. Exclue a priori une troisième piste, celle d’un gouvernement (à l’image du Peeters II de 2009-2014) N-VA-CD & V-Sp.a que les nationalistes n’accepteraient plus, le jugeant "trop à gauche".

Le sp.a était en réunion ce mercredi soir

On apprend ce mercredi soir que qu'une majorité de sp.a a donné mandat à John Crombez pour discuter du contenu avec le formateur flamand.

En clair ou en résumé, le sp.a serait en balance avec le CD & V. Le sp.a dont le président John Crombez convoquait ce soir son Conseil des présidents et des secrétaires et délégués de sections – une instance rarement réunie, mais le bureau serait trop divisé ! – pour voir si le parti est prêt à aller plus loin avec la N-VA. Alors que l’on dit précisément les socialistes très partagés sur les choix à faire… Mais en même temps "poussés dans le dos" par Johan Vande Lanotte, informateur royal (en tandem avec Didier Reynders), qui verrait bien son parti négocier et en Flandre et au fédéral avec la N-VA ; et le niveau flamand pourrait se révéler un excellent "levier" pour le fédéral plus lent à naître. Ave des tensions internes que certains mettent aussi sur le compte de l'élection présidentielle au sp.a à l'automne. Deux camps se dessinent, l'un qui soutient John Crombez, et penche en faveur de la participation, et l'autre qui lui préférerait le bourgmestre de Louvain, Mohamed Ridouani, successeur de Louis Tobback, qui penche pour l'opposition.

Réponse donnée du côté socialiste et d’ici le week-end côté N-VA avec le choix de Bart De Wever.

Lequel s’accorderait ensuite quelques vacances avant de lancer les négociations sur un accord de gouvernement. La nouvelle limite ou deadline pourrait être désormais le 23 septembre, jour prévu de la déclaration de rentrée devant le Parlement du nouveau ministre-président flamand… Nouveau ministre-président flamand dont certaines indiscrétions laisseraient à penser qu’il pourrait s’agir plutôt d’un Jan Jambon que de Bart De Wever. Les paris sont ouverts.

En attendant, dernier détail, la Flandre est partie pour sa plus longue période de formation de gouvernement depuis les premières élections régionales de 1995 : le record de 48 jours après des élections (celui de la formation du gouvernement sortant de Geert Bourgeois en 2014) a été battu déjà le 13 juillet…

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