Bart De Wever sur la coalition Vivaldi : "La Flandre verse des milliards en transferts et le plus grand parti du pays est écarté"

Comment la N-VA et notamment son président Bart De Wever réagissent-ils à la désignation d’Egbert Lachaert (Open VLD) et Conner Rousseau (sp.a) en tant que préformateurs ? La mission du duo : lancer la formation d’un gouvernement fédéral "Vivaldi" regroupant les familles socialistes, libérales, écologistes et le CD&V mais sans le cdH, ni les nationalistes flamands, hors jeu depuis plusieurs semaines.

Jan Jambon, ministre-président flamand N-VA, a déjà réagi au casting des préformateursIl déplore qu’un gouvernement fédéral puisse se former sans majorité côté flamand, avec des partis différents au fédéral et au régional. Qu’en pense cette fois Bart De Wever, invité ce dimanche de l’émission "Zevende Dag" sur la VRT ?

Le VLD a torpillé

La N-VA "a été écartée, mise de côté. J’ai un peu regardé cette nuit dans quels pays en Europe le plus grand parti est mis de côté. Il y en a très peu : l’Islande, la Roumanie, le Luxembourg", détaille Bart De Wever. "On a laissé traîner les choses et cela fait partie du jeu politique dans ce pays. On fait traîner les choses pour que les gens oublient le résultat des élections et ensuite on met tout à l’envers."

Les élections remontent à mai 2019, soit 15 mois. Bart De Wever a pourtant eu la main pour entamer des négociations, notamment avec le PS. "Oui mais il y avait deux partis (autour de la table) avec un accent sur l’équilibre socio-économique avec des baisses sérieuses d’impôts pour les entreprises en Flandre, des perspectives de réformes institutionnelles, une politique migratoire forte, le maintien des centrales nucléaires… C’était un beau package que je pouvais défendre auprès des Flamands. Le PS était d’accord. Mais à partir du moment où les libéraux ont torpillé activement cet accord… Depuis le premier jour, lorsque M. Lachaert a pris connaissance de ce qu’il y avait dans la note, celui-ci est sorti dans la presse pour le dénoncer, pour dire que la note était scandaleuse, communiste…"

Bart De Wever accuse également le MR de Georges-Louis Bouchez d’avoir participé à ce que le président de la N-VA appelle un torpillage. Il rappelle: "L'été dernier, le MR m'a demandé d'écarter l'Open vld et de ne pas le prendre dans le gouvernement flamand, dans l'espoir qu'il sera plus facile de parvenir à un accord avec le sp.a."

Notre objectif était une majorité violette-jaune, pas violette-verte

Bart De Wever indique avoir été conscient qu’un accord entre socialistes et N-VA était compliqué à mettre sur pied, qu’il avait "peu de chance d’aboutir". Mais il dénonce l’attitude des libéraux et des écolos qui ont "agi dans notre dos". "Notre objectif était une majorité violette-jaune, pas violette-verte."

Bart De Wever n’en veut pas à Paul Magnette, qui reste selon lui dans sa logique idéologique. Cependant, "la Flandre réalise 83% des exportations, nous payons 70% des impôts, nous versons des milliards en transferts. Et pour nous dire merci, on nous rejette dans la minorité dans notre propre pays au moment où nous vivons une crise des plus sérieuses. Nulle part ailleurs dans le monde, on ne met les plus grands partis sur le côté. Au lieu de cela, nous aurons un gouvernement dominé par les Francophones et la gauche."

Pour Bart De Wever, "on ne peut plus dire que ce pays est encore une démocratie. Les plus gros (acteurs politiques) sont mis dehors."

Pour Jan Jambon, qui a réagi samedi à la VRT, "la Flandre doit aussi être gouvernée au niveau fédéral avec une majorité démocratique du côté flamand. Les partis qui s’engagent sur cette voie devront rendre des comptes. Mais nous n’en sommes de toute façon qu’au début de la formation fédérale, nous verrons comment cela se passe."

Si le CD&V et l’Open Vld rejoignent un gouvernement fédéral sans la N-VA, Jambon entend leur demander de reconfirmer l’accord de coalition flamand. "Je suppose qu’ils le feront et que nous continuerons avec la même équipe", indique-t-il.

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