Bart De Wever: les grèves, "une action purement politique"

Une des salles de l'hôtel bruxellois "Le Plaza" était comble pour accueillir le président de la N-VA. Bart De Wever reste très prudent : "En présence de la presse, je ne veux pas créer de nouvelles polémiques." Le président de la N-VA lance son discours par une locution latine : "regimen praedictimus", "Gouverner, c'est prévoir" (Bart De Wever précise bien que c'est en fait une locution française d'Emile De Girardin). Pendant 15 minutes, le bourgmestre anversois évoque l'importance du monde de l'immobilier en période de démographie soutenue, l'importance de l'aménagement du territoire, du coût de l'énergie.

Plutôt sage, le public n'interpelle pas Bart De Wever à propos des grèves de ces dernières semaines. Mais à la sortie, une poignée de journalistes a interrogé celui qui est, parfois, présenté comme le vrai chef du gouvernement. Bart De Wever reprend sa vieille antienne : le TINA, de l'anglais "there is no alternative" : "c'est dommage de faire la grève. Ca n'a aucun sens, car on doit faire des économies. Le gouvernement précédent nous a laissé un déficit de 11 milliards. On doit des économies, et arrêter la création de dette. Je peux bien comprendre que les gens ne soient pas heureux des économies. Mais c'est nécessaire."

Toucher aux voitures de société, c'est non, les plus-values, ça peut se discuter

Le débat fait rage côté flamand, où une carte blanche du politologue Dave Sinardet a relancé la discussion sur les voitures de société : faut-il revoir ce système ? Pour Bart De Wever, on prend le problème à l'envers : "Pourquoi y a-t-il autant de voitures de société ? A cause de la hauteur des coûts salariaux". Pour le patron de la N-VA, une révision du système des voitures de société n'est pas du tout d'actualité : "Pour nous, c'est non. La porte est totalement fermée. On ne va pas rééditer les erreurs du gouvernement Di Rupo". 

Par contre, une autre porte semble très légèrement s'ouvrir : celle de la taxation des plus-values. Pour Bart De Wever, un "tax shift", l'idée qui consiste à alléger la fiscalité sur le travail, pour la renforcer ailleurs, n'est pas totalement indiscutable. Mais ça ne se fera pas n'importe comment : "Un tax shift, c'est bien possible. Mais ça reste à discuter au sein du gouvernement pour voir ce qu'on fera, et ce qu'on ne fera pas. (...) L'impôt sur la fortune, par exemple, nous sommes contre. On ne va pas taxer une fortune qui a déjà été taxée par ailleurs. L'impôt sur les plus-values, c'est autre chose. Ce n'est pas dans l'accord de gouvernement, il faut donc discuter. Nous avons des conditions très claires. Et la condition la plus importante, c'est une baisse des charges sur le salaire."

Toute petite porte ouverte donc. Pas sûr que les syndicats s'en contentent. Car, dans le même temps, Bart De Wever se montre très sévère à leur encontre : "C'est malheureux que les syndicats aient choisi de faire grève avant la moindre discussion. Alors que certains syndicats refusent de s'asseoir à la même table que certains partis. Ca rend les choses extrêmement compliqués. Pour moi, la grève, c'est une solution ultime dans un conflit social. Pas une action politique. (...) Je ne dis pas que le PS instrumentalise les grèves. Mais j'ai l'impression qu'avec les élections syndicales à venir l'année prochaine, il y a un agenda politique, et non social, derrière les grèves."

Himad Messoudi

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