"Bart De Wever est bourgmestre et il se croit empereur"

Les quatre présidents de partis dans le studio de la Première
Les quatre présidents de partis dans le studio de la Première - © RTBF

Les présidents des partis francophones ont réagi au micro de la RTBF au score de Bart De Wever. Pour le MR, il faut redresser la Wallonie et Bruxelles, alors que le cdH appelle à ne pas avoir peur. Il n'y a pas de message pour le Fédéral de la part des électeurs flamands pour le PS. Quant à Ecolo, il appelle Bart De Wever à "négocier avec lui-même".

Le triomphe confirmé de la N-VA à Anvers et dans nombre de communes flamandes fait réagir de manière contrastée les présidents des quatre principaux partis francophones. Pour le MR, son président Charles Michel explique au micro de Bertrand Henne qu’il est "urgentissime de réussir enfin le redressement de la Wallonie et de Bruxelles. Ce qui nourrit Bart De Wever pour une bonne partie, c’est l’incapacité chronique de la Wallonie à se redresser durablement. Je plaide pour qu’on puisse accélérer le rythme des réformes socio-économiques qui sont programmées. Je pense que Bart De Wever se nourrit vraiment du taux de chômage et du PIB qui est beaucoup trop faible en Wallonie et à Bruxelles".

Le président du PS Thierry Giet n’est pas tellement étonné du progrès de la N-VA en Flandre : "C’est assez logique par rapport à ce qui s’est passé en 2010". Mais il "reste convaincu qu’on se trouve devant des résultats d’enjeux locaux", les électeurs n’ont pas voulu adresser un message au Fédéral, selon lui. Il ajoute : "Je ne peux évidemment pas accepter les propos de M. Michel lorsqu’il met en cause ce qui se passe en Wallonie et à Bruxelles. Les gouvernements wallon et bruxellois sont en train de travailler au redressement. Sur qui Bart De Wever a-t-il concentré toute sa campagne ? Sur le gouvernement fédéral où, sauf erreur de ma part, le parti de M. Michel se trouve aussi".

"Peu importe que Bart De Wever fasse un bon ou un mauvais score"

"Ce n’est pas avec la peur que l’on va faire progresser le quotidien de nos concitoyens et l’avenir de notre pays" commente le président du cdH Benoît Lutgen : "Peu importe que Bart De Wever fasse un bon ou un mauvais score, ou qu’il dise ce qu’il a envie de dire. Ce qui doit nous préoccuper chaque jour c’est le défi par rapport à la crise financière, sociale, économique. Et travailler tous ensemble avec les partenaires sociaux, les syndicats, les patrons, le monde associatif. Le fait qu’il y ait à Anvers une progression de la N-VA n’entraîne pas du jour au lendemain la déstabilisation de l’ensemble du pays". Benoît Lutgen souligne la résistance du CD&V sur l’ensemble des petites et moyennes communes. Et il plaide pour que les partenaires francophones travaillent ensemble à la poursuite de la réforme de l’Etat pour "construire une Belgique différente, nouvelle, basée davantage sur les Régions".

"On constate que M. De Wever est bourgmestre et il se croit empereur" s’exclame Olivier Deleuze au nom d’Ecolo : "Il croit qu’il peut décider pour tout le monde si on a franchi ou non un point de non-retour. Nous l’avons vu à l’œuvre pendant 500 jours : c’est une personne qui a de grandes difficultés à admettre que d’autres pensent différemment que lui. Si M. Bart De Wever veut négocier, qu’il négocie avec lui-même. Nous avons participé tous les quatre (PS, MR, cdH et Ecolo) à l’élaboration d’une réforme de l’Etat. Nous la voterons, nous la mettrons en œuvre, c’est notre responsabilité. Et nous collaborerons pour développer nos Régions. Et le bourgmestre d’Anvers qui se croit empereur devrait voir la juste mesure des choses".

A.L. avec B. Henne

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