Bart De Wever dénonce "la naïveté sur les réfugiés qui ne trouvent pas le chemin du WTC"

Le président de la N-VA, souvent décrit comme le Premier ministre officieux du gouvernement Michel, était l'invité du professeur Carl Devos à l'Université de Gand ce mardi. Il donnait à cette occasion la première leçon de sciences politiques de l'année académique 2015-2016.

Applaudi par quelques étudiants à son arrivée, le président de la N-VA et bourgmestre d'Anvers a d'abord été précédé sur l'estrade par Anne De Paepe, recteur de l'Université de Gand et Carl Devos. La première n'a pas évoqué le positionnement de l'université sur les grands sujets d'actualité du moment comme la crise des migrants, "un sujet qui touche nos étudiants". Par ailleurs, elle a exhorté les hommes politiques, Bart De Wever en premier, à quitter "la politique politicienne". Pour Carl Devos, inviter Bart De Wever était important : "On peut être pour ou contre Bart De Wever. Mais ce qu'il dit est souvent intéressant, souvent pertinent."

Bart De Wever a débuté son speech par la situation géopolitique. Selon lui, "l'Europe est un navire qui avance sans compas", sans politique claire d'un point de vue international. Enchaînant sur le printemps arabe, il a indiqué que celui-ci a rapidement laissé la place à "un hiver arabe", les démocrates n'étant pas parvenus à s'imposer en Libye ou encore en Egypte. Sur la Turquie : "Erdogan a laissé rentrer les migrants en Europe".

"Les pays du Golfe ne veulent pas des réfugiés"

Question pour Bart De Wever : pourquoi les réfugiés syriens et irakiens ne se rendent-ils pas dans les riches pays du Golfe et préfèrent venir en Europe ? Réponse : "Ces pays, Qatar, Arabie saoudite, Koweït, ne veulent pas de ces migrants." Preuve pour le patron des nationalistes flamands : la Une d'un journal du Golfe le lendemain de la découverte du corps du petit Aylan. "Pas une ligne!", regrette Bart De Wever, "alors que la Syrie est à quelques centaines de kilomètres des riches pays du Golfe".

Pour Bart De Wever, surfant sur un certain populisme, "Angela Merkel n'a pas seulement invité les réfugiés en Allemagne, mais partout en Europe. Et la perspective de ceux-ci, c'est une immigration économique" avec les avantages de notre système social. "Nous recevons des courriers nous disant : ma grand-mère est dans une maison de repos, ses factures sont élevées, elle reçoit une petite pension. Et pendant ce temps, les réfugiés reçoivent 60 euros par jour. Ma grand-mère doit-elle aussi être une demandeuse d'asile ?"

"Les médias vous culpabilisent"

Plus agressif, le patron de la N-VA a estimé que certaines cercles en Belgique faisaient preuve de "naïveté". Exemple : "Quand le bâtiment du WTC a été mis à disposition des réfugiés, certains ont dit que le bâtiment était inaccessible ou trop loin (du parc Maximilien, ndlr). OK. Donc, si je comprends bien, ces personnes ont effectué des milliers de kilomètres, ils ont trouvé notre pays. Mais pour trouver un bâtiment juste à côté, c'est impossible !"

Naïveté, encore, selon lui, sur la nature des réfugiés. "Un sur cinq est Syrien. Les autres ne sont pas Syriens. La moitié sont des Irakiens et la majorité proviennent de Bagdad. A Bagdad, il n'y a pas la guerre, ni l'Etat islamique. Ce n'est peut-être pas "the place to be". Mais il y a plein d'autres de "place not to be" dans le monde."

Bart De Wever relève aussi les craintes matérielles et culturelles de nos sociétés. Et enchaîne les exemples : "Des enfants scolarisés qui ne parlent toujours pas le néerlandais", des femmes qui veulent nager en burkini dans toutes les piscines ("nous n'en voulons pas"), le gay-bashing en recrudescence ("un retour en arrière" sur les droits des homosexuels), "des jeunes de la troisième, quatrième génération qui sont fiers de se déclarer allochtones"... Et un glissement sur l'islam. "Nous n'avons pas un problème avec l'Islam, mais il y a un problème dans l'islam."

Dans sa diatribe, l'orateur anversois en a aussi gardé à l'attention des médias qui "créent un sentiment de culpabilité" auprès du public. Exemple, une fois encore, avec Aylan. "Fuyait-il la guerre avec sa famille ? Non, la famille vivait à Istanbul, dans la sécurité. Pourtant, on nous a dit le contraire." Visant De Standaard et la VRT, Bart De Wever fustige le militantisme des journalistes, notamment à l'occasion de cette crise des migrants.

"Schengen est cliniquement mort"

Conclusion : "Schengen est cliniquement mort. Il faut refermer les frontières extérieures de l'Europe !" Mais ce n'est pas tout. "Il y a une différence à faire entre les droits de l'homme et les droits du citoyen. (...) Je suis prêt à aider tout le monde. Mais l'intérêt général me pousse à être raisonnable." Sur l'Europe encore : "L'Europe doit changer. C'est tout le navire qu'il faut remplacer."

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