Bart De Wever: de la conquête d'Anvers en 2012 à la "réconciliation" de 2018

Bart De Wever: de la conquête d'Anvers en 2012 à la "réconciliation" de 2018
Bart De Wever: de la conquête d'Anvers en 2012 à la "réconciliation" de 2018 - © RTBF/Belga

Cinq semaines après les élections communales, il n’y a toujours pas de coalition à Anvers. La N-VA a conservé le même nombre de sièges mais la majorité sortante N-VA/CD&V/Open Vld n'a plus qu'un siège d'avance : 28 sur 55. 

Pour Bart De Wever, c’est court, trop court et ce n’était qu’une possibilité parmi d’autres. Alors, coup de théâtre, ce lundi, le bourgmestre sortant, devenu formateur a tranché : il négociera avec les socialistes et les libéraux. Fini donc les conflits avec le sp.a, Bart De Wever clame même sur VTM qu'il "en avait marre des conflits avec la gauche" et qu'il voulait "réconcilier".

Une manœuvre rare et difficile

Entre la N-VA et le sp.a, les choses risquent cependant d’être difficiles. Il y a 6 ans, Bart De Wever avait juré qu'il sortirait les socialistes de l'hôtel de ville d'Anvers. Il l'a fait.

Tout en remerciant Patrick Janssens, bourgmestre socialiste sortant en 2012, Bart De Wever soulignait que la N-VA a mis fin à la présence ininterrompue de bourgmestres rouges à Anvers depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.

Faire rentrer le sp.a dans la coalition anversoise 6 ans après, en éjectant au passage le CD&V, voilà une manœuvre rarement observée et qui pourrait être perçue comme un signe de faiblesse par l’arrière-ban de la N-VA. 

En 2018 Bart De Wever a changé : il prône la réconciliation. Il l'a fait dès le soir des élections.

Reste à voir à présent la réaction du sp.a anversois. Après les élections, la tête de liste sp.a Jinnih Beels avait déclaré à VTM ne pas vouloir être échevine sous le mayorat de Bart De Wever mais elle laissait la porte ouverte en n’excluant absolument aucune participation de son parti à une coalition avec la N-VA si celle-ci mettait suffisamment d’eau dans son vin. 

Pour la tête de liste sp.a, cela lui permettrait d’ailleurs de poursuivre une carrière politique au niveau fédéral en se présentant par exemple comme tête de liste à la Chambre. Elle l’avait d’ailleurs déjà dit avant les élections tout en notant que le fossé entre les deux partis était très profond

Mais il existe un autre courant au sein du sp.a anversois. Le président du sp.a d’Anvers Tom Meeuws pourrait par contre intégrer le collège de la ville d’Anvers malgré des relations qui n’ont pas toujours été au beau fixe avec Bart De Wever. Pour le sp.a, ce retour aux affaires lui donnerait une visibilité bienvenue avant les élections de l’an prochain. Et cela lui permettrait de réinstaller sa présence au sein de l’administration de la ville.

Bart De Wever expérimente

Dans l’optique des élections législatives et régionales de l’an prochain, il était sans doute plus confortable et pour la N-VA et pour le sp.a de ne pas se retrouver ensemble dans une même alliance. Mais si les négociations aboutissent, on pourrait assister dans le laboratoire anversois à une expérience qui pourrait - qui sait - servir l’an prochain pour d’autres niveaux de pouvoirs.

Bart De Wever ne l'a lui même pas caché : ce qui se passe à Anvers pourrait avoir des répercussions au niveau flamand et fédéral. Le CD&V, exclu, a déjà reçu un sérieux avertissement à Anvers.

La N-VA sera alors devenue un parti politique comme les autres : capable de liquider un allié affaibli, capable de s'allier avec l'ennemi défait hier.

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