Barrages routiers: le gouvernement wallon reste ferme mais planche sur des aides

Les transporteurs poursuivent les blocages sur les routes wallonnes
Les transporteurs poursuivent les blocages sur les routes wallonnes - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

Alors que le blocage des routes semble se prolonger, le ministre Maxime Prévot (cdH), vice-président du gouvernement wallon, fait montre de fermeté à l’égard des transporteurs. Pas question, comme demandé, d’écarter certaines voiries du périmètre de taxation. Cela nous priverait, dit-il, des recettes nécessaires pour entretenir et réparer les routes et le trafic de transit créerait des problèmes supplémentaires.

Par ailleurs, le ministre dit vouloir rectifier le tir sur le coût réel de la redevance.

Des coûts récupérables

Maxime Prévot revient sur les déclarations des transporteurs. Selon lui, les camionneurs wallons considèrent que la redevance est un coût net. C’est faux, dit-il : c’est une charge déductible de leur impôt: 1000 euros à payer ne coûtent donc pas 1000 euros au transporteur. C’est en quelque sorte une avance.

Mais les liquidités, c’est précisément ce qui semble faire défaut aux PME et aux TPE. Alors, pour ces petites structures, le ministre n’est pas opposé à une aide. Ce pourrait être une avance récupérable ou tout autre mécanisme que l’Europe accepterait. Le ministre de l'Economie Jean-Claude Marcourt (PS) travaillerait sur ces solutions avec son collègue du Budget Christophe Lacroix (PS).

Enfin, le gouvernement rappelle que des compensations – 23 millions d’euros – sont déjà mises en place pour soulager le secteur.

L’autre problème

Le coût de la redevance, c’est une partie du problème. Mais le dysfonctionnement des appareils embarqués alimente aussi la grogne. Certaines fédérations de transporteurs, singulièrement l’UPTR, avait attiré l’attention du gouvernement wallon sur ce problème. Jusque-là, sans succès. Les choses changent enfin puisque le ministre Christophe Lacroix, dès lundi, a dirigé les contrôleurs vers les points de distribution des boîtiers OBU. Ils doivent vérifier que les systèmes sont bien disponibles comme promis.

De son côté, Maxime Prévot a joint l’opérateur Viapass pour lui rappeler ses obligations et le sommer de résoudre les problèmes. "Plus qu’un souhait, écrit Maxime Prévot, c’est une exigence." Et il insiste pour que "les amendes contractuelles prévues soient infligées avec la plus grande fermeté."

Quelle évolution de la situation?

Aujourd’hui, on en est là. Certaines fédérations de transporteurs comme FEBETRA ou TLV réclament désormais la fin des blocages.
L’Union Wallonne des Entreprises leur emboîte le pas même si elle comprend l’inquiétude des transporteurs. "Les premiers pénalisés sont d’ailleurs les collègues des auteurs des blocages (et leurs clients), de sorte que c’est au secteur du transport lui-même que les coups les plus durs sont portés", affirme la coupole du patronat wallon.

Mais comment arrêter une action spontanée, guère encadrée, qui est le fait de petits indépendants qui ne se sentent pas – ou mal – compris par leurs fédérations ?

Tant qu’il y restera un camionneur suffisamment aux abois et décidé à aller jusqu’au bout, il sera donc compliqué de faire passer efficacement un mot d’ordre collectif. Les patrons qui s’étaient plus ou moins engagés chez Christophe Lacroix à lever les barrages de leurs collègues en ont fait ce lundi l’amère expérience.

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