Baromètre RTBF-La Libre: le PTB wallon triomphe

La dernière livraison du Baromètre Dedicated pour la RTBF et La Libre Belgique conforte les tendances enregistrées lors des précédentes éditions de ce sondage : les partis qui gouvernent sont à la peine dans les trois régions du pays et les extrêmes progressent tant en Flandre qu'en Wallonie. Au nord du pays, le Vlaams Belang rattrape les partis traditionnels et au sud du pays le PTB représenterait la troisième force politique.

Les partis qui incarnent le plus l'opposition radicale ont le vent en poupe.

Wallonie

L'extrême-gauche troisième force politique wallonne

Il faut remonter aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale pour retrouver un tel triomphe "communiste". Le PTB avec ses 14,6% connaît bien entendu son meilleur score historique. A l'inverse, le Parti Socialiste (25,6%) n'a jamais été aussi bas dans les intentions de vote, même au plus fort des "affaires".

Le PTB gagnerait près de 10% par rapport aux dernières élections. Il se situerait désormais nettement devant le CDH (10,5% à peine) et ECOLO (9,2%).

La déconfiture du PS (- 6,4% par rapport au dernier scrutin) ne profite pas au Mouvement Réformateur ( -2,3%) qui est en recul comme tous les partis de la majorité fédérale... et ceux de la majorité régionale.

DéFI (ex-FDF) semble connaître un léger frémissement à près de 4%.

L'ensemble des partis " à la droite de la droite" recueille 10,4% des voix. Avec le succès du PTB, un quart de l'électorat wallon se tournerait désormais vers les extrêmes.

Il est à noter que ce baromètre a été réalisé juste après l'annonce de la fermeture de Caterpillar.

Bruxelles

A nouveau, le MR supplante le PS dans la région-capitale. Mais ce succès, les libéraux le doivent plus à la faiblesse de leurs adversaires (-5,8% pour le PS par rapport au dernier scrutin) qu' à eux-mêmes (-1,8%). A Bruxelles comme ailleurs, les partis au pouvoir (quel que soit le niveau) souffrent. Seule (mini-) exception: DéFI (+0,5%).

Dans les 19 communes, il semble plus que ce soit ECOLO, désormais 3e force qui incarne l'alternative que le PTB (7,5%), même si celui-ci dépasse désormais le CDH (6,5%).

Les humanistes bruxellois sont au plus bas. Peut-être faut-il y voir une conséquence de la chute de Joëlle Milquet. Mais avec un tel score, le cdH ne pourrait plus prétendre à faire partie d'une majorité quelle qu'elle soit. Le parti est en voie de marginalisation.

Comme en Wallonie, le PS ne profite ni de son opposition frontale au gouvernement Michel ni de sa position centrale dans le gouvernement régional. Cela se répète et s'amplifie de sondage en sondage. Un problème de stratégie ?

Flandre

Là aussi, une même tendance se confirme et s'amplifie au fil des enquêtes: le net recul de la N-VA (-7,2% par rapport au derniers scrutin) au profit quasi-exclusif du Vlaams Belang (+7,3%).

Le camp nationaliste garde donc le même "stock" d'électeurs mais au profit de son aile raciste.

Le parti de De Wever s'effondre, mais il reste confortablement le premier parti de Flandre. Les partis traditionnels n'en profitent pas, reculant ou stagnant. Cinq formations se tiennent désormais en un peu plus de 5% entre 10% et 15% environ.

La N-VA garderait la main, il faudrait en effet une hypothétique coalition de toutes les autres formations démocratiques pour l'évincer du pouvoir. Mais pour ces nationalistes, la cote d'alerte est atteinte. Il faudra sans doute craindre une radicalisation de son discours pour rattraper les "brebis égarées" au Vlaams Belang.

Même si il enregistre une belle progression, le PVDA (le PTB flamand) dépasserait à peine la barre des 5%.

Les réalités démocratiques restent bien différentes au nord et au sud du pays, des différences qui auraient même tendance à s'accroître.

 

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK