Baromètre politique: la N-VA perd des plumes face à la "vague verte", recul du PS et MR

Ce baromètre politique semble se placer en définitive, dans le droit fil des élections communales et provinciales qui avaient enregistré tant au Nord qu'au Sud du pays, une importante progression des partis écologistes. Une tendance générale qui paraît également plus forte dans la région bruxelloise qu'ailleurs. Comme en octobre.

Les "vieux" partis sont à nouveau à la peine, principalement en Wallonie et à Bruxelles où le PTB confirme également sa progression.

Enfin, si la N-VA reste de loin la première force flamande, les nationalistes se tassent et pas forcément au profit du Vlaams Belang.


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Il convient toutefois de noter que ce baromètre a été réalisé entre le 19 novembre et le 8 décembre, soit juste pendant la crise politique sur le Pacte des Migrations, mais juste avant que la N-VA ne quitte le gouvernement fédéral.

Wallonie: ECOLO en forme, PS et MR malades

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Baromètre politique, décembre 2018: intentions de vote en Wallonie © RTBF

Si le Parti socialiste reste toujours le premier parti wallon, il se situe une nouvelle fois à son minimum historique, par rapport aux élections de 2014 (-6,6%). Toutefois, le PS redresse quelque peu la tête par rapport à nos baromètres précédents (21,5% en octobre 2017, 23,2% en mars 2018). A l'inverse, le Mouvement Réformateur enregistre un net recul après avoir devancé le PS dans notre baromètre de mars dernier. Le MR passe désormais sous la barre symbolique des 20% des intentions de vote en Wallonie (soit -5,9% par rapport aux élections de 2014). Cela confirmerait un mouvement constaté aux élections communales et provinciales. Confirmation aussi pour ECOLO (+11,5%) qui désormais fait jeu égal avec le MR en Wallonie. Peut-être faut il y voir l'arrivée dans l'actualité des problématiques liées au climat, à l'environnement ou à la migration.


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Autre gagnant en Wallonie : le PTB (+8,5%, par rapport à 2014) qui confirme sa 4è place de parti wallon.

Comme les deux partis "historiques", le cdH est lui aussi en mauvaise santé ; les démocrates-humanistes perdraient 3,6% par rapport au dernier scrutin législatif. Flirtant avec la barre des 10%, le cdH risque de rencontrer des difficultés à pouvoir peser dans une future majorité.

Enfin, à la droite du MR, le Parti Populaire retrouverait son score des élections de 2014 (+0,6%).

Bruxelles passe au vert

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Baromètre politique, décembre 2018: les intentions de vote à Bruxelles © RTBF

Cela constituerait une première historique : ECOLO en tête dans la région de Bruxelles-Capitale. Cela confirme aussi le phénomène constaté lors des élections communales d'octobre. L'actualité autour du climat, de la mobilité ou de la pollution y a sans doute également contribué. ECOLO (+8,6% par rapport aux élections de 2014) devance désormais assez clairement le MR (-5,7%) et un PS qui s'effondre (-9,1%). A Bruxelles également, le PTB (+7,7%) représenterait la quatrième force politique. 

DéFI ne ferait guère mieux qu'en 2014 alors que le cdH passerait de justesse la barre des 5%, seuil électoral. Les démocrates-humanistes pourraient ne plus envoyer de députés à la Chambre et verraient leur représentation au Parlement bruxellois menacée.

La N-VA capitalise de son côté (+3,3%), devenant assez largement le premier parti flamand. Nul doute que les nationalistes ont également su capter des voix francophones.

Une Flandre plus verte, une N-VA en repli

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Baromètre politique, décembre 2018: intentions de vote en Flandre © RTBF

Même si elle perd des plumes par rapport au scrutin fédéral de 2014 ( -4,1%), la N-VA reste de loin le premier parti flamand et le premier parti du Royaume. Les nationalistes dominent toujours largement le paysage politique au nord du pays. Mais la N-VA paraît moins incontournable. Tout d'abord, parce que ses deux alliés progresseraient simultanément : CD&V (+0,1%) et surtout Open VLD (+2%), un peu comme si le discours identitaire de la N-VA effrayait une partie de son électorat. Et comme dans le même temps, le Vlaams Belang enregistre lui-aussi un léger progrès (+1,8%), le parti de Bart De Wever perdrait des deux côtés. Mais il faut également considérer que ce baromètre a été réalisé avant les tous derniers développements de la crise politique.

Le grand vainqueur en Flandre, cela semble dès lors être Groen (+7%), qui paraît en mesure de faire jeu égal avec les libéraux et les chrétiens-démocrates et pourquoi pas constituer avec eux une coalition anti-N-VA, comme cela s'est vu dans plusieurs communes.

Il faut également constater que si le PTB enregistre de belles progressions en Wallonie et à Bruxelles, ce n'est pas le cas du PVDA (-0,3%). Envoyé en "mission" en Flandre par son parti, Raoul Hedebouw semble avoir quelque mal à convaincre.

 

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Un sondage constitue un instantané de l'opinion publique. Cette opinion a sans doute déjà évolué au gré de la crise politique que ce pays traverse.

Du côté francophone, il se confirme néanmoins que les trois familles politiques traditionnelles sont sanctionnées. Le PS traîne toujours les effets des affaires, des concessions sociales sous le précédent gouvernement. Le MR semble payer l'alliance avec la N-VA, les engagements pré-électoraux non-tenus et le cdH poursuit un déclin entamé il y a 20 ans.

En Flandre, si la N-VA domine la scène politique, ses adversaires (qui sont aussi parfois ses alliés) se renforcent.

Mais la vérité ne sortira que des urnes !

 

 

@PhWalkowiak

 

 

Fiche Technique:

Ce sondage d’opinion a été mené par TNS à la demande de la VRT/Standaard/RTBF/La Libre sur un échantillon aléatoire de n=1038 électeurs flamands, 1016 électeurs wallons et 743 électeurs bruxellois et accessibles via un téléphone fixe ou mobile. L’erreur statistique maximale est de 3,1% (Flandre, Wallonie), de 3,6% à Bruxelles, supérieure et inférieure au résultat obtenu pour les énoncés dans l’ensemble de l’échantillon. Les répondants ont été interrogés par téléphone du 19 novembre au 8 décembre. Le rapport technique complet peut être consulté sur www.febelmar.be .

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