Baromètre politique: "Un PTB fort fait un PS faible"

Baromètre politique: "un PTB fort fait un PS faible"
Baromètre politique: "un PTB fort fait un PS faible" - © Tous droits réservés

Le nouveau baromètre RTBF-VRT-La Libre-De Standaard a livré ses résultats. Jérémy Dodeigne, politologue à l’université de Namur, analyse la vague verte qui porte Écolo à la deuxième place des sondages à Bruxelles et la troisième en Wallonie.

Jérémy Dodeigne constate une "vraie percée" par rapport aux élections de 2014 qui est le principal point de référence : une percée de 10 % par rapport à la dernière échéance électorale. Mais cela reste aussi une belle croissance par rapport aux derniers sondages, y compris ceux de la RTBF en mars 2017.

"On est dans une tendance qui va au-delà des marges d’erreur puisque, comme vous le savez, ce type de sondages est comparable à une prévision météorologique, on essaye d’avoir une tendance, mais toujours avec une petite imprécision qui est la marge d’erreur. Ici, on voit vraiment que la percée se fait très nettement par rapport à 2014, mais aussi nettement par rapport aux précédents sondages."

Très peu d’indécis

La raison de ce grand bouleversement serait à trouver dans un travail d’opposition qui porte ses fruits. Et notamment le travail parlementaire dans les commissions Publifin ou le Samusocial à Bruxelles. "Un autre élément qu’il me semble intéressant de pointer est finalement le pourcentage relativement bas d’indécis dans ce sondage. On est autour de 8-10 %, suivant les chiffres, et c’est peu pour les sondages puisque d’habitude on se situe entre 23 et 33 %."

Un faible pourcentage qui pourrait s’expliquer par la proximité des élections communales et provinciales. "Une partie de l’électorat se positionne de plus en plus et on sait que c’est Écolo qui a l’une des plus grandes réserves d’électeurs potentiels. Peut-être ces électeurs sont-ils en train de se positionner."

Petit tassement du PTB

La poussée du PTB reste une tendance forte, sa percée demeure à environ 9-10 %. "Elle est importante, mais on a vu des montées jusqu’à 20 %. Il y a effectivement un petit tassement qui peut s’expliquer, sans doute, dans l’ambiguïté par rapport au pouvoir du parti. Veulent-ils vraiment gérer les affaires ? Et on l’a vu avec la campagne pour les élections communales qui se préparent et les déclarations de plus en plus pressantes de toute une série d’observateurs politiques, mais également les autres partis, qui se positionnent par rapport à cette ambiguïté au pouvoir."

Un autre élément est la stratégie du MR par rapport au PTB et au PS. "D’une certaine manière, un PTB fort fait un PS faible. On l’a vu avec la percée aussi importante du PTB.  Mais paradoxalement, cela revient à bloquer toute une série de possibilités en termes de coalitions notamment. L’attitude du MR s’est un peu adoucie face à la montée du PTB."

DéFI tire son épingle du jeu, mais le cdH se trouve dans une situation difficile. Par rapport aux humanistes, Jérémy Dodeigne constate le lent déclin observé en Wallonie depuis plusieurs années. Et cela se confirme dans les sondages. "Dans le pire scénario, il faut se rappeler que c’est jusqu’à moitié moins de voix par rapport aux élections de 2014. Par contre, à Bruxelles, ça se stabilise."

C’est une caractéristique du cdH, c ‘est un parti de commune. C’est le cas de Benoît Lutgen au Luxembourg. "Par contre, sur l’ensemble de la Wallonie, et c’est important pour les élections, sur les grandes circonscriptions, on voit que ça ne suffit pas."

Les partis de Flandre subissent moins la pression

"Nous constatons une petite perte pour la N-VA, de moins 4 %, mais si on observe également la marge d’erreur, c’est une perte qui est limitée. Pour un parti de coalition, finalement ça n’a rien d’étonnant. Par contre, on voit également que la poussée de Groen, tout comme en Wallonie et à Bruxelles avec Écolo, se confirme en Flandre et passe devant le sp.a."

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