Baromètre politique: une montée spectaculaire d'Ecolo

Baromètre politique: la fièvre verte
7 images
Baromètre politique: la fièvre verte - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

Le nouveau baromètre réalisé pour la RTBF, La Libre, De Standaard et la VRT par l'institut Kantar TNS révèle son lot de surprises ou de confirmations.

Les Verts ont le vent en poupe dans les trois régions du pays, le PS reste au plus bas et le MR n'est guère vaillant, même s'il constituerait désormais le premier parti francophone.

Intentions de vote au Fédéral en Wallonie

PS et MR font jeu égal en Wallonie mais restent bien loin de leurs derniers scores électoraux. Les socialistes sont même à leur minimum historique: 21,4%, une baisse de... 10,5%, par rapport aux résultats des élections fédérales de 2014. L'érosion est continue depuis plusieurs années : le PS était encore à 37,6% en Wallonie aux élections de 2010, 32% au scrutin de 2014, 25% dans les sondages avant les affaires Publifin et Samusocial. Le déclin est continu et n'est pas dû qu'aux seules affaires.

Le MR ne profite pas de sa présence dans les exécutifs fédéral et wallon, que du contraire. Cela lui permet toutefois d'être au coude à coude avec le PS et la place de 1er parti wallon reste pour lui accessible.

Ecolo apparaît comme le grand vainqueur de ce baromètre. Avec 18,5% (+10,3% par rapport à 2014), les Verts ne sont plus très loin des deux principales formations. Sans doute profitent-t-ils du déclin socialiste, d'une sensibilité accrue aux enjeux climatiques et écologiques et de la grogne sociale dirigée contre le gouvernement de Charles Michel...

Le PTB confirme sa bonne santé : il triplerait pratiquement son score des dernières élections (5,5%) et semble s'installer durablement dans le paysage politique wallon, offrant avec Ecolo une alternative à gauche face au "vieux" PS.

Le "coup" de Benoît Lutgen ne profite pas au cdH, toujours en mauvaise santé ( 8,7% soit -5,3%). Avec un tel résultat, les démocrates-humanistes ne pèseraient pas très lourds quand il s'agira de former des coalitions. DéFI progresse et peut espérer décrocher au moins un siège lors d'un prochain scrutin.

Enfin, il est à noter qu'une majorité MR-cdH ne représenterait plus que 30% des Wallons et que par ailleurs, une alliance PS-Ecolo-PTB rassemblerait 55% des suffrages wallons.

A rebrousse-poils des autres pays ou régions européens, la Wallonie penche nettement à gauche; il faudrait remonter à l'immédiat après-guerre pour retrouver un vote d'une telle ampleur pour des partis de gauche... et pourtant au PS, on n'a pas forcément le sourire !

Intentions de vote au Fédéral à Bruxelles

Un PS qui s'effondre comme en Wallonie, Ecolo qui progresse mais moins que plus au sud et un MR qui se maintient mieux que son homologue wallon, Bruxelles marque sa spécificité dans le petit monde politique francophone belge.

Même en perdant quelques plumes, les libéraux deviendraient clairement la première force politique bruxelloise. Derrière, Ecolo, PS et DéFI se tiennent dans un mouchoir (2,4%). Le déclin général du parti et le scandale du Samusocial affectent le résultat du PS.

Le PTB progresse, mais bien moins qu'en Wallonie. Le cdH, là aussi, ne semble plus à même de peser dans le débat politique bruxellois.

Il est à noter que l'actuelle coalition PS-DéFI-cdH ne serait plus majoritaire dans la région-capitale en cas d'élections.

Intentions de vote au Fédéral en Flandre

Par rapport aux deux autres régions du pays, la Flandre, longtemps secouée par des changements électoraux saisissants, semble aujourd'hui apaisée et stable. Après un summum en 2014, la N-VA se tasse certes mais demeure largement la première force politique du nord du pays. Ses allies, CD&V et OpenVLD confirment même leur dernier score électoral.

La plus belle progression est ici aussi verte: Groen pousse à 14% alors que le sp.a recule de 3%; les écologistes deviennent la première force de gauche en Flandre où le PVDA/PTB ne connaît pas le succès wallon.

A la différence de la Wallonie ou de Bruxelles, la majorité en place reste solide et peut songer à se prolonger au-delà de 2019 et qui sait, forcer également la porte du gouvernement fédéral.

Au vu de ce baromètre, il est trop tôt pour évaluer la capacité de la mise sur pied d'un gouvernement fédéral Michel II, d'autant que les deux principaux protagonistes perdraient des sièges (la majorité est de 83 sièges actuellement). Il ne faut pas non plus sous-estimer l'effet d'une double campagne électorale (celles des communales et provinciale suivie de peu par celle des fédérales, régionales et européennes) et de la dynamique que cela peut créer...

Ce mardi matin, Patrick Dupriez, le co-président d'Ecolo, réagissait aux bons résultats de son parti dans ce baromètre politique dans Matin Première. "Nous souhaitons participer au pouvoir car l’objectif des écologistes, c’est de transformer la société", a déclaré Patrick Dupriez. 

@PhWalkowiak

Fiche technique : Ce sondage d'opinion sans caractère prédictif de l'attitude envers les partis politiques, les politiciens et les thèmes, y compris l'intention de vote au moment de l’enquête, a été mené à la demande de la VRT / De Standaard / RTBF / La Libre, sur un échantillon aléatoire de n = 753 électeurs résidant à Bruxelles, n = 1045 électeurs résidant en Flandre, n = 1076 en Wallonie, et accessibles via un téléphone fixe ou mobile. L'erreur statistique maximale est de 3,6% (Bruxelles)/3,1% (Wallonie et Flandre), supérieure et inférieure au résultat obtenu pour les énoncés dans l'ensemble de l'échantillon. Les répondants ont été interrogés par téléphone du 11 septembre au 8 octobre 2017. Le rapport technique complet peut être consulté sur www.febelmar.be

Sujet et analyse de Johanne Montay dans le JT 13h de ce mardi 17 octobre:

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK