Baromètre politique: la chute brutale de Maggie De Block, le bond en avant de Raoul Hedebouw

Cela faisait plus d'un an que son nom trônait en tête du hit parade de la popularité. A la question "qui souhaitez-vous voir jouer un rôle important dans les prochains mois ?", la réponse était la même, sondage après sondage: Maggie De Block. La ministre des Affaires sociales (Open VLD) semblait être devenue une star incontestée. En Flandre, à Bruxelles mais aussi en Wallonie, elle était très appréciée. Au point de rendre parfois jaloux - même s'ils ne l'avouaient pas facilement - les autres ténors de la vie politique. Mais aujourd'hui, Maggie De Block ne semble plus séduire. Sa cote de popularité dégringole. La chute est même parfois brutale! Pour quelles raisons? Qui en profite? Voici les résultats de notre baromètre politique RTBF - La Libre - Dedicated.

Maggie De Block détrônée même en Flandre

La ministre des Affaires sociales n'est donc plus la première personnalité politique préférée au Nord du pays. Une surprise de taille! Car Maggie De Block a longtemps devancé ses poursuivants. 35% de sondés lui donnaient leur préférence il y a un an; ils étaient encore 33% en avril et 34% en septembre... mais aujourd'hui, ils ne sont que 29%. C'est donc une chute de 5% en 3 mois. Maggie De Block perd donc sa première place. La ministre libérale occupe le deuxième rang.

Tout profit pour le ministre fédéral de l'Emploi Kris Peeters (CD&V). Avec 29% (+2%), il poursuit sa progression et décroche la première place du podium. Le président de la N-VA Bart De Wever arrive troisième avec un score identique au précédent sondage du mois de septembre (26%). Suit le Premier ministre Charles Michel qui conserve sa quatrième place (24%). Viennent ensuite les responsables flamands bien visibles au sein du gouvernement fédéral: Theo Francken (N-VA) (23%), Jan Jambon (N-VA) (23%) et Alexander De Croo Open VLD)(16%).

Charles Michel premier en Région bruxelloise

Même constat en Région bruxelloise qu'en Flandre, Maggie De Block déçoit. Sa chute est brutale : la ministre des Affaires sociales passe de la première à la cinquième place. Elle perd 13% en 3 mois et ne récolte plus que 23%.

Précédemment deuxième, Charles Michel (MR) occupe aujourd'hui la première place avec un score identique (30%). Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) gagne deux place et arrive deuxième (24%, -1%). Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) est toujours troisième (24%, -2%). Le président de DéFI, Olivier Maingain, remonte à la quatrième place (23%, +1%). Le président du PS, Elio Di Rupo, perd une place et se retrouve sixième (23%), juste derrière Maggie De Block.

En Wallonie, Elio Di Rupo retrouve la première place

Au Sud du pays, Maggie De Block a aussi de moins en moins de soutiens. Avec une perte de 15%, Maggie De Block quitte le podium des personnalités politiques préférées. Elle est aujourd'hui à la quatrième place (21%).

C'est le président du PS, Elio Di Rupo, qui arrive en tête de ce sondage (34%, +1%). Malgré une perte de 2%, le Premier ministre Charles Michel est deuxième (22%). La troisième place est occupée par Raoul Hedebouw (PTB). C'est là aussi une nouveauté! Le porte-parole du PTB était encore 7ème en septembre avec 16%. Il gagne désormais 5% et monte donc sur la dernière marche du podium.

Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) est cinquième (21%, -1%), suivi du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) (20%, -1%) et du ministre-président wallon Paul Magnette (PS) (19%, +3%).

La fin du rêve pour Maggie De Block ?

L'enseignement principal de ce sondage, c'est donc la fin de la toute puissance de Maggie De Block. Après avoir occupé, sondage après sondage, la première place des personnalités politiques préférées, la ministre des Affaires sociales est aujourd'hui reléguée à la deuxième place en Flandre, à la quatrième en Wallonie et à la cinquième en Région bruxelloise. Un résultat qui en confirme un autre : un récent sondage Le Journal du médecin/Le Pharmacien (mené auprès de 1 497 médecins généralistes, spécialistes, pharmaciens et gestionnaires hospitaliers) donnait une note moyenne de 3,2/10 à Maggie De Block.

Un bulletin loin d'être idyllique bien sûr quand on occupe une fonction ministérielle. Alors, comment expliquer cette note et cette chute de la ministre des Affaires sociales dans notre baromètre politique? Les raisons sont nombreuses. Avant tout, il y a l'annonce des 900 millions d'euros d'économie dans les soins de santé en 2017. Une annonce qui fâche le secteur ! D'autant que peu avant de conclure les discussions sur le budget, Maggie De Block avait assuré que le gouvernement fédéral ne toucherait pas aux soins de santé. A-t-elle parlé trop vite? Le corps médical lui reproche de ne pas les écouter.

Mais Maggie De Block est également critiquée sur d'autres points : ses plans anti-tabac et anti-alcool qui se font attendre, le gel partiel du financement des postes médicaux de garde, le tiers payant obligatoire ou encore son obstination sur le dossier de l'examen d'entrée pour les étudiants en médecine et en dentisterie. Longtemps adulée, Maggie De Block doit faire face aujourd'hui à la contestation et aux critiques... une autre réalité de la vie politique.

Sondage effectué par Dedicated, par internet, du jeudi 24 au lundi 28 novembre 2016, sur un échantillon strictement représentatif de 2813 électeurs belges. Les enquêtes ont été réalisées dans chacune des 3 régions de Belgique: 1007 en Flandre, 914 à Bruxelles (19 communes), 892 en Wallonie. La marge d'erreur maximale est de +/- 3,2% sur les échantillons de Wallonie, de Bruxelles et de Flandre et de +/- 1,8% sur l'échantillon total.

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