Baromètre politique: 22% pour Ecolo en Wallonie... et cela pourrait encore être plus

Baromètre politique: d'où vient la "vague verte" ? Est-elle vraiment historique ?
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Baromètre politique: d'où vient la "vague verte" ? Est-elle vraiment historique ? - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Une "vague verte". L'expression a déjà plusieurs mois, mais se justifie plus que jamais à la lecture du dernier baromètre politique donnant Ecolo premier parti à Bruxelles et deuxième derrière le PS en Wallonie.

Pourtant, ce n'est pas la première fois qu'Ecolo réaliserait une percée électorale, et ce n'est pas la première fois qu'on la qualifierait d'"historique". Mais aujourd'hui, plusieurs questions se posent sur cette nouvelle percée d'Ecolo : comment et pourquoi réalise-t-il ce score et peut-il encore mieux faire ?

 

Intentions de vote en Wallonie

D'où viennent les électeurs Ecolo ?

Selon notre baromètre, seuls 23% des électeurs Ecolo votaient déjà Ecolo en mai 2014, 77% sont donc des nouveaux électeurs que le parti a réussi à capter. Dans les autres partis dits traditionnels (PS, MR, cdH), le nombre d'électeurs fidèles depuis 2014 est beaucoup plus élevés que les 23% d'Ecolo, cela tourne autour de 60 à 66% d'électeurs "fidèles".

Autrement dit, Ecolo a été chercher une grand part de nouveaux électeurs, notamment dans les autres partis. Et sans surprise, ce sont les deux plus grands partis, PS et MR, qui lâchent le plus d'électeurs au profit du parti vert. 

Autre élément intéressant, 40% des électeurs Ecolo n'ont voté pour aucun des 7 partis ci-dessus en 2014. Seuls le PTB fait "mieux", avec 43%. Les autres partis n'ont réussi à capter que 16 à 26% des votes non-exprimés en 2014.

Dans cette colonne "reste" se trouvent forcément les votes blancs, nuls mais aussi et surtout les primo-votants. En cinq ans, près de 700.000 nouveaux électeurs sont arrivés sur le marché politique, et il semble que ce soient Ecolo et le PTB qui ont réussi à capter ces nouveaux votes.

"Vague verte", clap troisième

Cette "vague verte" attendue pour les élections de mai 2019 serait en fait la troisième dans l'histoire d'Ecolo. En effet, autant lors des élections législatives de 1999 que lors des régionales wallonnes de 2009, les Verts avaient dépassé les 18%. Deux scores qualifiés d'"historique". Si son score attendu en mai prochain de 22% en Wallonie dépasse encore ces deux précédents records, la vague verte n'est pas inédite.

Les observateurs politiques se souviennent d'abord qu'Ecolo était arrivé au pouvoir grâce à des scandales qui avaient discrédité les partis traditionnels et/ou de gauche : l'affaire Agusta-Dassault, l'affaire Dutroux et la crise de la dioxine en 1999, l'affaire Donfut et les affaires du PS carolo en 2009.

Ces mêmes observateurs se souviennent aussi que ces deux scores avaient mené Ecolo au pouvoir, en 1999 dans le gouvernement arc-en-ciel (bleu-vert-rouge) de Verhofstadt, et en 2009 dans un olivier (PS-cdH-Ecolo) sous Demotte. Ecolo était d'ailleurs aussi en majorité bruxelloise entre 2009 et 2014.

Enfin, comme le montre le graphique ci-dessous, Ecolo a essuyé de grosses défaites suite à ces succès électoraux et ces participations aux gouvernements. Cette troisième vague verte peut donc, à certains égards, être qualifiée de renaissance après des débâcles.

Résultats depuis 1999

(Attention que les 22% de mai 2019 sont bien des sondages, alors que les autres chiffres de ce graphique sont des résultats réalisés lors d'élections.)

S'il fallait finalement pointer un élément historique dans cette vague verte, c'est en comparant le score d'Ecolo à celui des autres partis. En effet, ni en 1999, ni en 2009, Ecolo n'a eu l'occasion d'être premier parti à Bruxelles ou en Wallonie.

Cela semble cette fois être le cas, puisqu'il serait premier à Bruxelles (2,5 points d'avance sur le PS) et deuxième à Bruxelles (2,7 points derrière le PS).

Ecolo peut-il encore faire mieux ?

Premier parti à Bruxelles avec 21,5% des voix, deuxième parti en Wallonie avec 22%... et si Ecolo pouvait encore faire mieux ? Pour le savoir, il faut jeter un œil du côté des indécis. Selon ce même baromètre, ils seraient encore nombreux.

  • 39% ne savent pas encore et n'ont aucune préférence
  • 22% ne savent pas encore mais ont une légère préférence
  • 38% sont presque certains et ont une préférence assez forte.

Autrement dit, non seulement 39% des électeurs cherchent encore leur voie et 22% pourraient encore changer d'avis, soit 61% d'électeurs que les partis vont se déchirer lors de ce dernier mois de campagne.

D'ailleurs, selon ce baromètre, si les électeurs des partis autres qu'Ecolo devaient voter pour un autre parti, c'est Ecolo qui ressort le plus souvent. Autrement dit, c'est Ecolo qui pourrait rallier le plus d'indécis.

 

Pour qui pourraient aussi voter les électeurs de ces partis ?

Lire : "parmi ceux qui disent pouvoir voter pour le PS, 34% disent qu’ils pourraient aussi voter pour cdH, 51% pour le Ecolo, 6% pour Listes Destexhe"

Méthodologie

Sondage réalisé auprès de 1004 électeurs francophones résidant en Wallonie. La marge d'erreur maximale est de 3,1% supérieure ou inférieure au résultat obtenu. Enquête réalisée du 25 mars au 14 avril 2019.

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