Baromètre La Libre-RTBF: travail trop cher et même pas peur!

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Baromètre RTBF/La Libre - © RTBF

Pourquoi des entreprises multinationales comme Ford Genk ou ArcelorMittal ferment-elles des sites en Belgique ? Pour les Belges, le mal numéro 1, c’est le coût de la main d’œuvre. Il est trop élevé. C’est ce qui ressort de notre sondage réalisé avec La Libre Belgique et Dedicated.

Pour 70% des sondés, cela coûte en effet moins cher de produire ailleurs, dans des pays où la main d’œuvre est meilleur marché. Ce sont les Flamands qui en sont les plus convaincus (73%, contre 66 % de Bruxellois et 67% de Wallons).

Rien à craindre

Deuxième raison : pour 41 % des sondés, il est plus facile pour les dirigeants de ces multinationales de fermer en Belgique que dans d’autres pays européens plus grands. Elles n’ont rien à craindre des représailles des pouvoirs publics belges. Cette opinion est plus répandue du côté francophone, en Wallonie (45%) et à Bruxelles (42%), qu’en Flandre (39%). 

De même, les Belges sont tout aussi nombreux à penser que les dirigeants de ces multinationales ne subissent aucune contrainte pour les obliger à garantir l’emploi lorsqu’ils décident de fermer un site de production en Belgique. Cette affirmation se rencontre davantage chez les Wallons (52%) que chez les Flamands (33%).

La puissance des syndicats en Belgique pourrait-elle décourager les investisseurs étrangers ? Près d’un Belge sur trois le pense. En revanche, si l’on observe les différences Nord-Sud, c’est un Flamand sur 3, contre 1 Wallon sur 5.

Nationaliser ?

Si ces entreprises ferment, ce n’est pas faute d’investissement public dans leur actionnariat. 11% des sondés seulement considèrent qu’il aurait fallu que les pouvoirs publics y investissent. Ce ne serait donc pas une cause de fermeture, mais plutôt un remède possible.

En effet, ils sont bien plus nombreux à vouloir que l’Etat se mouille. 43% des Belges estiment que les pouvoirs publics devraient nationaliser ou régionaliser ces entreprises pour en prolonger l’activité. Ici aussi, Nord et Sud ont des opinions très divisées : seuls 36% des Flamands sont d’accord, contre 52% des Bruxellois et 53% des Wallons.

Pas d’emplois, pas de chocolat…

La première mesure à prendre, pour les Belges, serait que les pouvoirs publics obligent ces multinationales à garantir l’emploi en échange d’avantages fiscaux, lorsqu’elles s’implantent en Belgique (intérêts notionnels, taux d’imposition stables…). 72% des sondés en sont convaincus. Ils sont aussi conscients qu’ensemble, on est plus forts. 69% des sondés pensent que les autorités devraient mieux se concerter avec celles d’autres pays européens pour mieux faire pression sur les dirigeants de ces multinationales.

Welcome Gégé ?

Pendant que des entreprises ferment, des citoyens Français arrivent. Riches exilés fiscaux comme Gérard Depardieu ou Bernard Arnault, le patron du groupe LVMH. Sont-ils aussi bienvenus que les investisseurs étrangers ? Réponse mitigée. 44% des Belges sont favorables à ce que la Belgique accueille comme résidents sur son territoire des personnes étrangères aisées attirées par nos avantages fiscaux. 36% y sont opposés.

Lucides, les Belges savent bien ce qui les attire, ces voisins français : le taux de taxation sur les hauts revenus en Belgique est plus faible que dans les autres pays européens. 50% des Belges pointent cette motivation comme étant la principale.

Et est-ce finalement quelque chose de positif ? 46 % des sondés pensent qu’ils sont libres de s’installer où ils veulent tant qu’ils payent leurs impôts là où ils vivent. Mais demeure l’impression qu’ils ne sont pas tout à fait ici, ces exilés fiscaux : 29% des Belges trouvent qu’ils ne résident pas vraiment en Belgique ;  et 22%, qu’ils n’y investissent pas. Les exilés fiscaux font même, pour 1 Belge sur 5, grimper le prix de l’immobilier.

Données techniques du sondage : réalisé du mercredi 13 février au lundi 18 février, sur un échantillon représentatif de 2706 électeurs belges. Marge d’erreur maximale (pour des fréquences observées proches de 50%) de 3,3% sur les échantillons de Wallonie, de Bruxelles et de Flandre et de 1,9% sur l’échantillon total.

Johanne Montay

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