Baromètre de mars: analyse des flux d'électorats

Baromètres de mars: la plupart des « abandonnistes » de la N-VA ont glissé vers le Vlaams Belang
Baromètres de mars: la plupart des « abandonnistes » de la N-VA ont glissé vers le Vlaams Belang - © Belga

Après les chiffres du baromètre Dedicated-La Libre-RTBF de mars, voici l'analyse confiée au maître d’oeuvre de l’enquête, Marc Dumoulin, le patron de Dedicated. Questionnés sur leurs intentions de vote, les sondés le sont également sur le parti pour lequel ils avaient voté lors des dernières élections (en l’occurrence, les élections fédérales de mai 2014). En confrontant leurs intentions de vote "si l’on votait demain" avec le vote exprimé lors des dernières élections, les mouvements d’électorat (ou flux) peuvent être analysés. Beaucoup d’électeurs revoteraient pour le même parti qu’il y a un peu moins d’un an, d’autres par contre se tourneraient vers une autre formation ou seraient actuellement indécis. Qu’en est-il dans notre baromètre de mars ?

En Flandre, la principale évolution affecte la N-VA. Son score électoral était de 32.4% en mai 2014 et depuis, de sondage en sondage, les intentions de vote mesurées pour ce parti sont en recul significatif : une baisse très légère en septembre (31.9% d’intentions de vote) qui s’est accélérée en novembre (30.9%) mais qui devient beaucoup plus marquée en mars 2015 (28.8%). La N-VA perdrait donc beaucoup d’électeurs et dans le même temps, n’en recruterait que fort peu sur l’électorat des autres formations politiques flamandes.

Où vont ces électeurs déçus de la N-VA ? La plupart des " abandonnistes " de la N-VA ont glissé vers le Vlaams Belang qui reprend des couleurs dans notre dernier sondage : le Vlaams Belang gagnerait un peu moins de deux points par rapport à son score de mai 2014, récupérant ainsi un grand nombre d’électeurs probablement déçus d’une N-VA trop participative.

Nous retrouvons également beaucoup d’anciens électeurs N-VA parmi les actuels " indécis " (ne savent pas pour qui ils voteraient), confirmation qu’une part importante de l’électorat de mai 2014 de la N-VA est actuellement désorientée par la participation gouvernementale de ce parti. Autre mouvement important de notre Baromètre en Flandre : le regain de forme du SP.a (+ 2.4% par rapport aux élections de mai 2014) qui recrute de manière assez large, mais davantage sur sa droite (N-VA d’abord, puis CD&V mais très peu d’Open VLD) que sur sa gauche (recrutement sensible sur Groen ! mais aucun sur le PVDA).

En Wallonie, à l’instar de la N-VA, le PS légèrement en baisse sur les Baromètres de septembre et de novembre derniers voit sa baisse s’accélérer sensiblement en mars 2015 ; si l’on votait " dimanche prochain ", le PS perdrait 3.3% par rapport à son score de mai dernier mais c’est essentiellement sur les 4 derniers mois que le trou s’est creusé.

Le PS voit une partie importante de ses électeurs de mai migrer vers le PTB d’abord (PTB en hausse significative, qui recrute tous azimuts), puis vers le CDH, et dans une moindre mesure vers Ecolo (alors que nous observons habituellement une assez grande " perméabilité " entre les électorats de ces deux partis) et vers le MR. Beaucoup d’anciens électeurs du PS se retrouvent également parmi les hésitants. Le MR confirme un électorat très stable (ne perd ni ne gagne beaucoup d’électeurs : les électeurs de ce parti soutiennent semble-t-il largement sa politique, politique qui ne permet cependant pas d’élargir significativement la base électorale du seul parti francophone au Gouvernement Fédéral.

Enfin, à Bruxelles, nous observons trois mouvements importants. Le plus marqué est la baisse accentuée du PS, en recul de 6.5% par rapport au Baromètre de (fin) novembre - époque où les intentions de vote pour ce parti s’étaient légèrement redressées - ou de 5.9% par rapport aux élections fédérales de mai dernier : le PS bruxellois cède beaucoup d’électeurs à Ecolo et au FDF, en très bonne forme dans notre sondage de mars. FDF qui cause du reste le deuxième mouvement le plus important en mars, en recrutant essentiellement des électeurs PS mais pour ainsi dire aucun électeur MR (c’est nouveau !).

Troisième mouvement remarquable : la baisse d’Ecolo dont la fuite l’électeurs vers le PTB ne compense pas l’arrivée d’ex-électeurs PS. Pour le MR : forte stabilité de l’électorat, comme en Wallonie. Peu de pertes (quelques-unes vers le CDH néanmoins) mais peu de recrutements de nouveaux électeurs.

Marc Dumoulin

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