Benoît Lutgen (cdH): "Le gouvernement fait peu de cas de la fraude fiscale"

B. Lutgen: "Le gouvernement fait peu de cas de la fraude fiscale"
B. Lutgen: "Le gouvernement fait peu de cas de la fraude fiscale" - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

"La justice doit faire son travail". Le président du cdH dit ne pas souhaiter interférer dans les investigations qui concernent l'affaire impliquant l'ancien président du Sénat, Armand De Decker (MR). Mais Benoît Lutgen laisse, par petites touches, deviner le fond de sa pensée. Il était l'invité de Matin Première ce lundi.

"La Justice doit faire ses affaires comme pour tout le monde. Mais il faut une exemplarité pour tout les hommes et femmes politiques", dit-il, en ajoutant à propos des montants cités dans la presse concernant les honoraires perçus par l'avocat et homme politique ucclois: "Je rejoindrais plutôt d’autres MR, qui disaient que les montants étaient faramineux (...) Et ce que Monsieur De Decker disait lui même, à savoir qu'on l'avait choisi pour le regard politique qu'il pouvait avoir, est interpellant".

Le président du cdH insiste surtout sur la nécessité, dans un second temps, d'agir politiquement: "Si, dans un premier temps, la justice doit faire son travail, on doit avoir le recul nécessaire pour examiner les dispositions de la transaction pénale par rapport à ce qui a été fait", à savoir combien et quelles personnes ont été concernées, pour quels montants, etc. "Il faudra voir le nombre de dossiers, dans quel contexte... On doit revenir là-dessus".

Le cdH reviendrait-il sur les arguments qui l'ont amené à voter cette loi sur les transactions pénales? "Le collège des procureurs généraux nous disait que c’était un moyen d’accélérer les procédure et qu’elles serait rentables sur le plan budgétaire. Mais cela n’empêche pas qu’on puisse évaluer les choses", explique-t-il.

"C'est ça, la droite brutale"

Benoît Lutgen pointe surtout un élément qui décrédibiliserait le gouvernement dans ce genre de dossiers: "Le gouvernement en place fait peu de cas de la fraude fiscale", affirme-t-il. "On sent bien une certaine complaisance du gouvernement... Comment voulez-vous faire comprendre cela, alors que les gens vivent l'austérité et les difficultés de trouver un emploi? On ne va pas chercher des dizaines de milliards!"

Et d'ajouter: "C’est ça, la droite brutale. Parce qu'elle n’est pas juste, et qu’elle casse la confiance dans notre gouvernement. Il faut des moyens pour que la justice puisse poursuivre les fraudeurs!".

Un autre dossier d'actualité qui a le don d'énerver le président du cdH: la suppression du Thalys wallon. "C'est insupportable", commente-t-il. Les arguments développés par Jacqueline Galant (MR) et par Marie-Christine Marghem (MR) sont très loin de le convaincre. 

"Les reculades du MR à l'égard des francophones"

"J’ai écouté Madame Marghem, qui parlait d'équité communautaire (la suppression du Thalys wallon a été décidée au même moment que celle du Thalys flamand, ndlr). Cela montre les reculades du MR à l'égard des francophones. Cela se démontre dans les faits".

Le président humaniste affirme que la ligne était proche de la rentabilité, mais qu'elle faisait surtout partie d'un dispositif plus global, visant à développer un axe est-ouest en termes de transports: "Au niveau du fluvial, ce qui a été fait en termes d’investissements. Ensuite, au niveau autoroutier, la dorsale wallonne a été développée, pour relier la Wallonie à  Amsterdam, Rotterdam ou à la France. Et enfin, il y a le train..."

Cet axe est-ouest est primordial pour le développement wallon, argumente Benoît Lutgen: "Cela devait nous rendre moins dépendants d'Anvers et de la Flandre. C'est un recul pour nos concitoyens".

Le président du cdH ajoute enfin, à propos d'un autre dossier brûlant: "Le saut saut d’index appliqué aux loyers? Cela me paraît normal si le fédéral a adopté le saut d'index".

W. Fayoumi

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