B. Grouwels: on n'expulsera pas les mendiants du métro

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La ministre bruxelloise Brigitte Grouwels, qui a la tutelle de la STIB, confirme qu'on ne raccompagnera pas les mendiants l'extérieur des stations de métro. Elle souhaite une solution à long terme pour que ces gens trouvent des abris à l'extérieur des stations.

La CD&V Brigitte Grouwels, ministre bruxelloise des Travaux publics et du Transport s'explique au micro de Bertrand Henne sur la polémique autour de la mendicité qui a touché la STIB, dont elle a la tutelle: "Ces derniers temps, il y a énormément de plaintes auprès de la STIB de personnes qui ont été confrontées avec des mendiants assez agressifs, surtout aux automates où on peut acheter des tickets: c'est quelque chose qu'on ne peut pas laisser exister. A plus long terme, je crois que c'est important et intéressant de trouver aussi des alternatives pour les mendiants dans les stations de métro. Dans d'autres grandes villes, on prévoit des maisons où ces gens peuvent se recueillir, ce serait une meilleure façon de donner à ces gens un abri dont ils ont sûrement besoin en hiver."

Après la première phase au cour de laquelle la STIB incitait à ne pas donner de l'argent aux mendiants afin de ne pas les encourager, Brigitte Grouwels avait annoncé, au Parlement bruxellois, à partir du lundi 16 novembre, une deuxième phase où on allait raccompagner "dans la dignité" ces gens à l'extérieur des stations. "Cette deuxième phase est annulée", explique la ministre, "évidemment on interviendra contre les mendiants agressifs. A l'approche de l'hiver, on ne va pas rendre la vie de ces gens encore plus difficile. A plus long terme, on veut vraiment trouver une bonne alternative avec les organisations sociales pour ces gens. La STIB a déjà commencé à permettre la distribution de soupe, maintenant que le temps devient plus mauvais, par exemple."

Brigitte Grouwels précise aussi: "Il y a un message qui a été mal perçu par beaucoup d'organisations sociales. Au cours de la législature précédente, quand je n'avais pas encore ces responsabilités, il y a eu un arrêté ministériel qui interdit précisément la mendicité dans le métro."

Schuman en piétonnier

Brigitte Grouwels souhaite rendre le rond-point Schuman piétonnier: "L'idée est de prolonger le tunnel de l'avenue de Cortenbergh, qui arrive de l'E40, de le faire passer sous la place Schuman et de faire sortir les voitures rue de la Loi. Cela permettrait enfin de libérer cet espace en surface et d'y faire quelque chose de convivial avec des magasins, des restaurants et des terrasses. Je crois que ce serait une très bonne chose pour l'image de Bruxelles comme capitale européenne. C'est un dossier qui est discuté avec le gouvernement fédéral dans le cadre de l'accord Beliris. Si le tunnel n'est pas faisable, on devra revoir cette idée que, personnellement, je trouve splendide."

BHV ne doit pas provoquer une crise au gouvernement Picqué

Brigitte Grouwels souhaite mettre fin au conflit communautaire: "Sincèrement j'espère que, dans les quatre mois qui viennent, on va négocier au niveau fédéral pour trouver une solution pour la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, éventuellement aussi sur d'autres dossiers qui nous prennent à cur sur la table de la négociation communautaire. Par exemple pour Bruxelles, c'est important qu'on puisse discuter sur le financement de notre région capitale. C'est vrai que la situation financière de Bruxelles n'est pas très bonne. J'espère qu'on va prendre ce dossier en main."

Si on n'y arrive pas le Parlement bruxellois peut-il décider d'une procédure en conflit d'intérêt ?

"Le Parlement le peut, c'est sûr. Mais je ne sais pas si c'est une bonne chose, parce que les néerlandophones du Parlement bruxellois ne sont pas très demandeurs de faire cette procédure. Je crois que ce n'est pas bon pour les rapports qu'on a entre néerlandophones et francophones."

Jusqu'à provoquer une crise au sein du gouvernement bruxellois de Charles Picqué ?

"Je ne crois pas: si on provoquait cette procédure, ce serait dans le but de gagner un peu de temps pour avoir une solution. Peut-être que cela donnerait un vote où les néerlandophones voteraient contre ou s'abstiendraient, mais je ne crois pas que ça doit mener à une crise au gouvernement bruxellois." 

La chef du groupe sp.a au parlement bruxellois Elke Roex a réagi à cette déclaration: selon elle, les partis flamands de la majorité bruxelloise (Open Vld, CD&V, et Groen! ) n'ont apparemment pas le moindre problème à importer ce conflit communautaire fédéral à Bruxelles. Elke Roex explique : "Les francophones disposent à eux seuls de la majorité des trois quarts du parlement requise pour intenter une action en conflit d'intérêts. La seule possibilité de l'éviter, pour les néerlandophones bruxellois, est d'intervenir au niveau du gouvernement bruxellois composé de manière paritaire".

A. L. avec B. Henne

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